À quelques jours du concert d’Amir, le maire de Narbonne a pris un arrêté exceptionnel afin de prévenir tout trouble à l’ordre public. Distribution de tracts, mégaphones et drapeaux revendicatifs seront interdits samedi 22 août pendant la dernière soirée de Barques en Scène.

La tension monte autour de la venue d’Amir à Narbonne. Attendu samedi 22 août à 22 heures sur la scène de Barques en Scène, le chanteur franco-israélien fait l’objet depuis plusieurs semaines d’une campagne de boycott portée par des militants propalestiniens. Face à ce contexte, le maire Bertrand Malquier a signé, ce lundi 17 août, un arrêté municipal visant à encadrer strictement le déroulement du concert.

L’objectif affiché est clair : garantir la sécurité des spectateurs et permettre le bon déroulement de la troisième et dernière soirée du festival, qui devrait attirer plusieurs milliers de personnes sur le cours Mirabeau.

Une interdiction ciblée sur les actions revendicatives

L’arrêté ne vise pas le concert lui-même mais les formes d’expression susceptibles, selon la municipalité, de provoquer des tensions ou des perturbations.

Ainsi, durant toute la durée de l’événement, la distribution de tracts et de prospectus de toute nature sera interdite dans le périmètre du spectacle. La mesure concerne également l’utilisation de mégaphones, d’amplificateurs portatifs et de tout dispositif sonore autonome pouvant servir à mener une action revendicative.

Le texte interdit aussi le port, le transport, le déploiement ou l’exposition de drapeaux, bannières, étendards et autres supports assimilés lorsqu’ils sont susceptibles d’alimenter une revendication politique, de troubler l’ordre public, d’entraver la visibilité du public ou de gêner la circulation des festivaliers.

En revanche, les drapeaux français, européens et occitans demeurent autorisés.

Une vigilance renforcée autour de la venue d’Amir

La décision intervient dans un contexte particulièrement sensible. Amir, artiste franco-israélien révélé au grand public par The Voice puis représentant de la France à l’Eurovision en 2016, est régulièrement visé par des appels au boycott en raison de ses prises de position liées au conflit israélo-palestinien.

Ces dernières semaines, une pétition réclamant sa déprogrammation de Barques en Scène a été lancée à Narbonne. Elle a recueilli, à ce jour, un peu plus d’une centaine de signatures.

Pour autant, la municipalité n’a jamais envisagé d’annuler le concert. Bertrand Malquier avait déjà affirmé publiquement qu’« une poignée de militants ne dictera pas la programmation » du festival, réaffirmant son attachement à la liberté artistique et au maintien de l’événement.

Préfecture et renseignements attentifs

Selon les éléments ayant motivé l’arrêté, les services de renseignement et la préfecture ont élevé leur niveau de vigilance en raison de la possibilité de rassemblements revendicatifs ou d’actions destinées à perturber le spectacle.

Barques en Scène constitue l’un des plus importants rendez-vous culturels de l’été narbonnais, avec plusieurs dizaines de milliers de spectateurs attendus sur trois soirées. Après les concerts de Superbus et de Totalement 80, la venue d’Amir doit clôturer l’édition 2026 samedi soir.

En prenant cet arrêté, la Ville entend concilier deux impératifs : préserver la liberté de programmation du festival tout en assurant la sécurité du public et des artistes dans un contexte de forte sensibilité autour du concert.

Le rendez-vous est donc maintenu, avec un dispositif de sécurité renforcé et des règles strictes destinées à éviter que les tensions extérieures ne viennent perturber la fête.