Jean-François Leroy, fondateur et directeur historique de Visa pour l’Image, est décédé alors que s’ouvre à Perpignan la 38e édition du festival qu’il avait créé. Une disparition qui donne une dimension toute particulière à cette nouvelle édition du rendez-vous mondial du photojournalisme.

Près de 40 ans consacrés au photojournalisme

En 1989, Jean-François Leroy lançait à Perpignan la première édition de Visa pour l’Image, avec le soutien de Roger Thérond, figure historique de Paris Match. L’ambition était alors de donner une place particulière au photojournalisme et de permettre au public de découvrir le travail de photographes témoins de l’actualité mondiale.

Trente-sept ans plus tard, le pari est largement gagné. Visa pour l’Image est devenu un rendez-vous incontournable de la profession, réunissant chaque année des photojournalistes venus du monde entier. Le festival présente aujourd’hui plus de 25 expositions, une centaine de reportages provenant de plus de 40 pays et attire plus de 220 000 visiteurs.

Au fil des éditions, Perpignan est ainsi devenue une véritable capitale mondiale du photojournalisme.

Mais pour Jean-François Leroy, Visa pour l’Image n’était pas seulement un festival. C’était aussi un combat pour une information documentée, vérifiée et indépendante.

Un défenseur infatigable du regard des photographes

Son attachement au travail des photojournalistes était au cœur de son action. À travers les expositions, les projections, les rencontres, les prix et les bourses, Visa pour l’Image a permis à des générations de photographes de montrer leur travail et de raconter les conflits, les crises humanitaires, les bouleversements politiques ou encore les transformations de nos sociétés.

Dans son éditorial pour cette 38e édition, publié le 20 avril dernier, Jean-François Leroy s’inquiétait notamment de la place prise par les réseaux sociaux et par les images générées par l’intelligence artificielle. Il y défendait la nécessité de données fiables, récentes et vérifiées, ainsi que le rôle essentiel des professionnels de l’information.

Un texte qui résonne aujourd’hui de manière particulièrement forte.

Car cette édition 2026, qui s’est ouverte ce samedi 29 août, et à laquelle MaWebTV était présente, est justement consacrée à un monde dans lequel il devient de plus en plus difficile de distinguer une photographie réelle d’une image fabriquée ou manipulée.

Un festival qui s’ouvre sans celui qui l’a créé

Jean-François Leroy n’avait pas pu participer à l’inauguration de cette 38e édition en raison de son état de santé. Son absence avait été largement remarquée lors du lancement du festival.

Quelques jours plus tard, le monde du photojournalisme perd donc celui qui aura dirigé et porté Visa pour l’Image pendant près de quatre décennies.

La Ville de Perpignan a immédiatement rendu hommage à sa mémoire. Louis Aliot, maire de Perpignan, et l’ensemble du conseil municipal saluent « un homme de conviction, infatigable défenseur de la liberté de la presse et du photojournalisme d’exception ».

Dans son hommage, la municipalité souligne également le rayonnement exceptionnel apporté à Perpignan par Jean-François Leroy. Selon la Ville, il aura fait de la cité catalane « la capitale mondiale du photoreportage », attirant chaque année photographes, journalistes et grandes rédactions internationales.

Le maire et le conseil municipal adressent leurs condoléances à sa famille, à ses proches et à toute l’équipe de Visa pour l’Image.

Une édition forcément particulière

La 38e édition de Visa pour l’Image se poursuit jusqu’au 13 septembre à Perpignan. Les 27 expositions sont accessibles gratuitement, tous les jours de 10 heures à 20 heures, dans plusieurs lieux de la ville.

Les projections du Campo Santo, les rencontres avec les photographes, les remises de prix et la semaine professionnelle complètent cette programmation.

Cette année, les visiteurs découvriront donc les images du monde à travers le regard de nombreux photographes. Mais derrière chacune d’elles plane désormais l’absence de celui qui, depuis 1989, avait fait de Perpignan leur point de rencontre.

Visa pour l’Image continue. Le combat pour le photojournalisme aussi. Mais son fondateur ne sera plus là pour le porter.