Près de huit ans après les inondations meurtrières de 2018, Trèbes a officiellement inauguré ce jeudi 3 septembre son nouveau groupe scolaire de l’Aiguille. Un équipement de 7,7 millions d’euros conçu pour assurer la sécurité des élèves, maintenir un service public de proximité et répondre aux enjeux climatiques.
Une école reconstruite après les inondations de 2018
L’inauguration s’est déroulée ce jeudi en présence de Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, Hélène Sandragné, présidente du Département de l’Aude, Éric Ménassi, maire de Trèbes, et Régis Banquet, président de Carcassonne Agglo.
Le nouveau groupe scolaire s’inscrit directement dans la reconstruction de Trèbes après les terribles inondations d’octobre 2018. La commune avait alors été lourdement touchée, avec la destruction de plusieurs équipements publics et habitations. Quinze personnes avaient perdu la vie dans le département de l’Aude.
Le nouvel établissement répond donc à un double objectif : protéger les élèves et les personnels face au risque d’inondation, tout en permettant de maintenir une école au cœur des quartiers du Faubourg et de l’Aiguille.
Une école construite sur pilotis
La particularité la plus visible du bâtiment est sa conception sur pilotis. En cas d’inondation, l’eau peut ainsi circuler sous l’école sans que le bâtiment ne constitue un obstacle à son écoulement.
La conception de l’établissement a fait l’objet d’une concertation associant la communauté éducative, les habitants et différents partenaires, notamment les services de la Direction départementale des territoires et de la mer concernant la gestion du risque inondation.
Le bâtiment intègre également plusieurs dispositifs destinés à améliorer son comportement face aux fortes chaleurs et aux évolutions climatiques : revêtements perméables, cours oasis et isolation thermique performante doivent permettre d’assurer de bonnes conditions de confort aux élèves en toutes saisons.
L’énergie constitue également un volet important du projet. Une centrale photovoltaïque de 100 kWc a été installée sur le toit. Elle produit de l’électricité pour l’école mais aussi pour plusieurs équipements communaux. Lorsque la production dépasse les besoins, le surplus est réinjecté dans le réseau.
Dix classes et de nouveaux espaces pour les élèves
Le groupe scolaire peut accueillir dix classes, avec cinq classes maternelles et cinq classes élémentaires.
L’établissement comprend également plusieurs espaces destinés à accompagner les apprentissages et les activités des enfants : bibliothèque, salle de motricité, salles de sciences et d’arts plastiques, espaces dédiés à l’accueil de loisirs ainsi que des locaux pour les enseignants et l’accompagnement des élèves.
L’objectif est aussi de conserver une école directement intégrée à la vie des quartiers. Pour la commune, le nouvel équipement doit ainsi contribuer à maintenir l’attractivité et la vie locale du Faubourg et de l’Aiguille.
Un chantier réalisé en moins d’un an et demi
Le chantier a débuté le 1er juin 2024. Les premiers élèves ont pu prendre possession des locaux dès le 3 novembre 2025, soit moins d’un an et demi après le lancement des travaux. Près de vingt entreprises ont participé à la réalisation, dont 80 % étaient locales, sous la conduite du cabinet d’architecture Alain Cathala.
Le coût total du projet atteint 7,7 millions d’euros. Son financement repose sur plusieurs partenaires : l’État a apporté 3,9 millions d’euros, la Région Occitanie 1 million, le Département de l’Aude 1,15 million et la Ville de Trèbes 1,65 million d’euros, avec le soutien de la Banque des Territoires.
Lors de l’inauguration, les élus ont présenté cette école comme un symbole de la reconstruction de Trèbes. Hélène Sandragné a notamment souligné que la commune, durement frappée en 2018, démontrait aujourd’hui sa capacité à se relever, dans un département particulièrement exposé aux phénomènes météorologiques majeurs.
Près de huit ans après les inondations, le nouveau groupe scolaire de l’Aiguille marque ainsi une nouvelle étape pour Trèbes : un équipement public reconstruit, mais surtout conçu pour tenir compte des risques auxquels le territoire pourrait être confronté à l’avenir.




