REPORTAGE | De ferme en ferme attire les curieux malgré la chaleur dans l’Aude

Ce dimanche 6 septembre, l’opération De ferme en ferme a ouvert les portes de 14 exploitations agricoles dans l’Aude. Malgré une chaleur particulièrement marquée, le public a répondu présent pour découvrir les métiers agricoles, échanger avec les producteurs et goûter aux produits directement à la ferme. Pour MaWebTV, nous avons suivi un parcours de quatre exploitations, de Montséret à Narbonne, qui illustre à lui seul la diversité de l’agriculture locale.

Des abeilles aux chèvres, quatre fermes et quatre métiers

Pour cette journée, nous avons choisi de ne pas nous limiter à une seule production. Notre parcours a commencé à la Miellerie des Clauses, à Montséret, avant de rejoindre la Ferme du Montagut à Thézan-des-Corbières, puis la Ferme Milgrana à Paraza et enfin la Manade Tournebelle à Narbonne.

Quatre exploitations, mais surtout quatre univers très différents : l’apiculture, l’élevage caprin et la transformation fromagère, la culture du grenadier et le maraîchage, puis l’élevage de taureaux et de chevaux Camargue.

À la Miellerie des Clauses, le public a pu entrer dans le monde particulièrement organisé des abeilles. L’exploitation dispose notamment d’un espace pédagogique avec des ruches démontables, des panneaux explicatifs et des caméras permettant d’observer une colonie sans prendre de risque. En saison, l’apiculteur peut également ouvrir une ruche devant les visiteurs pour montrer la vie de la colonie, le travail des ouvrières et la présence de la reine.

L’occasion de rappeler que le métier d’apiculteur ne se résume évidemment pas à récupérer du miel. Il faut suivre les colonies, intervenir sur les ruches, surveiller leur état et accompagner leur développement au fil des saisons. À Montséret, cette activité se prolonge ensuite dans l’atelier d’extraction. Miel, pollen, hydromel, pain d’épices ou encore gelée royale font partie des productions proposées par la miellerie.

À Thézan, un élevage caprin au cœur de la garrigue

Quelques kilomètres plus loin, changement complet d’ambiance à la Ferme du Montagut. Depuis 2007, l’exploitation élève une centaine de chèvres de races Alpine et Saanen. Les animaux pâturent quotidiennement dans les espaces de garrigue et sont traites chaque matin.

C’est justement cette relation entre élevage et transformation qui fait l’intérêt de la ferme. Le lait produit sur place est transformé en différents fromages, parmi lesquels l’Écu, l’Écusson ou encore la tomme, bénéficiant de la marque Pays Cathare. La ferme produit également des yaourts et commercialise du lait frais.

La visite permettait aussi de découvrir les autres animaux présents sur l’exploitation, avec notamment des ânes, des mulets, des vaches et des volailles. Le travail de l’éleveur ne s’arrête donc pas à la traite : il faut assurer l’alimentation et le suivi du troupeau, gérer les animaux au quotidien, puis transformer et valoriser une partie de la production directement sur l’exploitation.

Une particularité qui donne tout son sens au principe de « De ferme en ferme » : le visiteur découvre ici l’ensemble de la chaîne, de l’animal jusqu’au produit que l’on retrouve ensuite sur la table.

À Paraza, 2 000 grenadiers ont changé le paysage

Notre troisième étape nous a conduits à Paraza, à la Ferme Milgrana. Ici, le paysage agricole est très différent. Sur d’anciennes friches, Jacques Puigdemont a planté 2 000 grenadiers en agriculture biologique à partir de 2017. L’exploitation s’étend sur six hectares et associe cette culture au maraîchage.

La particularité de Milgrana est justement de faire cohabiter plusieurs productions. Entre les grenadiers, la ferme cultive notamment des pommes de terre, des patates douces et des courges. Des vignes et des animaux utilisés pour l’éco-pâturage complètent également l’exploitation.

La grenade constitue toutefois la véritable originalité du site. La visite proposée dimanche permettait de parcourir le verger et de mieux comprendre cette culture encore relativement atypique dans le paysage agricole local. Un parcours de deux kilomètres avec un guide nature était notamment proposé aux visiteurs.

La ferme transforme également une partie de ses productions : jus de grenade, jus de raisin, mélanges grenade-raisin ou encore différents produits issus du verger et du maraîchage. Une façon de valoriser directement la production plutôt que de s’arrêter à la seule récolte.

À Tournebelle, la Camargue aux portes de Narbonne

Dernière étape de notre parcours : la Manade Tournebelle, au domaine du Grand Tournebelle, à Narbonne.

Après les abeilles, les chèvres et les grenadiers, le décor change une nouvelle fois avec les taureaux et les chevaux Camargue. La manade est installée au cœur du Parc naturel régional de la Narbonnaise, sur un site naturel protégé appartenant au patrimoine du Conservatoire du littoral.

Le métier de manadier possède ses propres codes et savoir-faire. Il faut notamment assurer le suivi du troupeau de taureaux, mais aussi travailler avec les chevaux Camargue utilisés pour les interventions auprès du bétail. La relation entre l’homme, le cheval et les taureaux est au cœur de cette activité.

Lors de la journée, plusieurs présentations de l’élevage étaient proposées. Les visiteurs pouvaient ainsi observer les animaux et découvrir le quotidien d’une manade, mais aussi comprendre la place de cet élevage dans un environnement naturel particulièrement préservé.

La ferme propose également des produits issus de l’élevage, notamment de la viande de taureau transformée en terrines, saucissons ou gardianne.

Une foule au rendez-vous malgré la chaleur

Ces quatre étapes n’étaient qu’une petite partie du programme. Au total, 14 exploitations avaient ouvert leurs portes dimanche, de 10 heures à 18 heures, entre le littoral, les Corbières et le Minervois. L’objectif était de permettre au public de rencontrer directement les producteurs, de découvrir leurs savoir-faire et de mieux comprendre les réalités du monde agricole.

Et malgré la chaleur, les visiteurs étaient au rendez-vous. Dans les différentes exploitations parcourues au cours de la journée, les curieux étaient nombreux, venus en famille ou entre amis, avec souvent la volonté de profiter de cette journée pour découvrir des lieux qu’ils ne connaissent pas habituellement.

L’affluence a donné une dimension particulièrement conviviale à l’événement. On venait pour voir les animaux, comprendre un métier, poser des questions, mais aussi repartir avec quelques produits locaux.

Surtout, cette journée aura permis de mesurer la diversité de l’agriculture audoise. En quelques dizaines de kilomètres, notre parcours nous aura fait passer des ruches aux chèvres, des grenadiers aux taureaux Camargue.

Quatre exploitations très différentes, quatre métiers et quatre façons de faire vivre une agriculture locale qui, malgré les difficultés et une météo particulièrement éprouvante, continue de miser sur le contact direct avec le public et la vente en circuit court.