À l’occasion du salon Innov’Agri, qui s’ouvre ce mercredi à Ondes, en Haute-Garonne, la Région Occitanie annonce la création d’un contrat de filière dédié aux grandes cultures. L’objectif est d’accompagner les agriculteurs et les professionnels face aux défis climatiques, sanitaires et économiques qui pèsent de plus en plus sur le secteur.
Après la pêche et la conchyliculture en 2021, puis la viticulture en 2024, la Région souhaite désormais consacrer un contrat spécifique aux grandes cultures. Le dispositif doit réunir agriculteurs, entreprises, acteurs de l’agroéquipement et professionnels de la collecte et de la transformation.
Le contrat sera soumis au vote des élus régionaux à l’automne prochain. Il doit notamment permettre de faire émerger des solutions concrètes pour renforcer la capacité d’adaptation d’une filière confrontée à des conditions de production de plus en plus difficiles.
Sécheresse, canicule et nouvelles contraintes pour les agriculteurs
Le lancement intervient dans un contexte climatique particulièrement tendu. L’été 2026 a été marqué par plusieurs épisodes de fortes chaleurs et de sécheresse, qui ont directement affecté les productions agricoles.
Pour la Région, les réponses apportées au niveau national ne sont pas à la hauteur des difficultés rencontrées sur le terrain. Les annonces ministérielles concernant la sécheresse sont notamment jugées insuffisantes pour répondre aux besoins des exploitants.
Les grandes cultures sont particulièrement concernées par ces évolutions. Céréales, oléagineux et protéagineux dépendent fortement des conditions météorologiques et de la disponibilité en eau. L’évolution du climat oblige ainsi les agriculteurs à réfléchir à de nouvelles pratiques, à adapter les cultures et à sécuriser davantage leurs productions.
La question de l’irrigation fait notamment partie des enjeux. La Région rappelle avoir travaillé ces dernières années pour faciliter l’accès à l’eau, tout en reconnaissant que cette réponse ne peut pas, à elle seule, résoudre l’ensemble des difficultés auxquelles la filière sera confrontée.
Produire davantage, mais aussi diversifier et transformer
Au-delà de la seule question climatique, le futur contrat de filière doit également s’intéresser à l’organisation économique des grandes cultures.
La Région souhaite ainsi travailler sur plusieurs maillons de la chaîne, de la production jusqu’à la collecte et à la transformation. L’objectif est notamment de favoriser la diversification et de mieux valoriser les productions régionales.
« Face au changement climatique, nous devons aller plus loin pour protéger notre agriculture et donner des perspectives à celles et ceux qui la font vivre », a déclaré Carole Delga, présidente de la Région Occitanie. Elle estime que le futur contrat doit permettre de faire émerger des perspectives concernant à la fois « la production, la diversification que la collecte et la transformation ».
Cette approche s’inscrit dans le Pacte régional Produire pour nourrir sainement et dans la démarche Occitanie Résiliente, qui constituent les deux cadres mis en avant par la Région pour accompagner l’évolution du modèle agricole régional.
Depuis 2016, la collectivité affirme avoir investi plus de 1,6 milliard d’euros en faveur de l’agriculture, de son développement et de la souveraineté alimentaire.
Le futur contrat devra désormais préciser les actions concrètes qui seront mises en œuvre et les moyens qui leur seront consacrés.
Un enjeu qui concerne aussi l’agriculture audoise
Même si l’annonce a été faite à l’occasion d’Innov’Agri en Haute-Garonne, le sujet concerne directement les territoires agricoles de l’Aude.
Le département compte notamment d’importantes surfaces consacrées aux céréales et aux autres grandes cultures, aux côtés de la viticulture qui reste largement dominante dans le paysage agricole. Les épisodes de sécheresse et les fortes chaleurs de ces dernières années ont renforcé les interrogations sur l’avenir de certaines productions et sur la disponibilité de l’eau.
La diversification des cultures, l’adaptation des pratiques agricoles, l’irrigation et la capacité à mieux valoriser les productions locales constituent donc des enjeux qui dépassent largement les frontières de la Haute-Garonne.
Avec ce nouveau contrat de filière, la Région entend réunir les différents acteurs autour d’une même feuille de route. Le texte doit encore être présenté et soumis au vote des élus régionaux à l’automne. Il faudra donc attendre cette étape pour connaître précisément les mesures retenues et les financements qui accompagneront leur mise en œuvre.




