La bataille autour de l’avenir des aéroports de Béziers, Nîmes et Montpellier prend un tour plus politique. Après les déclarations de Michaël Delafosse en faveur d’une « rationalisation de la carte aéroportuaire », Robert Ménard, président du syndicat mixte de l’aéroport Béziers-Cap d’Agde, lui répond dans un communiqué particulièrement offensif.
« Les masques sont tombés »
Le 14 septembre dernier, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de Montpellier Méditerranée Métropole, affichait son ambition de renforcer le rôle de l’aéroport de Montpellier. À cette occasion, un protocole d’intention a été signé pour lancer les études d’une desserte de l’aéroport par tramway.
Mais derrière ce projet de transport, une autre bataille se joue : celle de la répartition du trafic aérien dans l’Est de l’Occitanie.
Dans une interview publiée quelques jours plus tard, Delafosse a défendu l’idée d’une « rationalisation » de la carte aéroportuaire régionale, estimant qu’il fallait notamment ouvrir le débat sur l’avenir de Nîmes.
Une position qui n’est manifestement pas passée inaperçue à Béziers.
Ménard monte au créneau
Dans un communiqué daté de ce vendredi 2 octobre, Robert Ménard estime que « les masques sont tombés ».
Le président du syndicat mixte de l’aéroport Béziers-Cap d’Agde considère que les déclarations de Michaël Delafosse et d’Emmanuel Brehmer, président du directoire de l’aéroport de Montpellier, reviennent à faire de Montpellier la plateforme aéroportuaire de référence pour l’Est de l’Occitanie, au détriment notamment de Béziers et Nîmes.
Il dénonce une logique de « métropolisation » qui, selon lui, favoriserait les grandes villes au détriment des territoires périphériques.
Et le maire de Béziers ne mâche pas ses mots.
« Si Ryanair vous échappe, c’est votre problème »
Robert Ménard rappelle que l’aéroport de Béziers-Cap d’Agde dispose d’un bassin touristique important.
Dans son communiqué, il évoque notamment les 400 000 lits touristiques présents entre Marseille, Béziers et Agde, ainsi que la part importante de touristes étrangers dans les nuitées.
Son message à Montpellier est direct :
« Si vous avez été incapables de maintenir les liens avec Ryanair, c’est votre problème. Si le nombre de passagers diminue à Montpellier, c’est votre problème. Si Transavia vous fait du chantage, c’est votre problème. Alors, débrouillez-vous ! »
Une réponse qui vise directement l’argumentaire montpelliérain autour du développement de son aéroport.
Montpellier veut changer d’échelle
De son côté, l’aéroport Montpellier Méditerranée affiche effectivement des ambitions de croissance. Lors de la présentation du projet de desserte en tramway, Emmanuel Brehmer évoquait un trafic actuel d’environ 1,8 million de voyageurs annuels et l’objectif de renforcer la plateforme.
La presse régionale a également rapporté l’hypothèse d’un transfert d’une partie du trafic actuellement capté par Béziers et Nîmes vers Montpellier, dans le cadre de cette recomposition de la carte aéroportuaire.
Le projet de tramway constitue donc un élément supplémentaire dans cette stratégie de développement. Les études lancées doivent notamment examiner une liaison depuis le secteur d’Écopôle à Pérols vers l’aéroport. Le premier ordre de grandeur évoqué pour l’investissement est d’environ 70 millions d’euros.
Une bataille qui dépasse les pistes d’atterrissage
Pour Robert Ménard, l’enjeu est désormais clairement territorial.
Dans son communiqué, il affirme que l’Ouest de l’Hérault dispose lui aussi d’une activité touristique suffisante pour justifier le maintien et le développement de son propre équipement aéroportuaire.
Il conclut d’ailleurs sur une formule qui résume sa position : « Cela vaut bien un aéroport. »
Le débat est donc désormais posé publiquement : faut-il concentrer davantage l’activité aérienne autour de Montpellier ou maintenir plusieurs plateformes complémentaires dans l’Est de l’Occitanie ?
À Béziers, Robert Ménard vient en tout cas de faire savoir qu’il n’entend pas laisser l’aéroport Béziers-Cap d’Agde disparaître de cette équation.




