Une centaine de viticulteurs et de jeunes agriculteurs audois se sont mobilisés ce mercredi matin à Port-La-Nouvelle pour dénoncer le poids des charges qui fragilise leurs exploitations. Après le blocage du port, une délégation a été reçue à Carcassonne par le préfet de l’Aude, avec des demandes ciblées sur le GNR et la taxe foncière sur les propriétés non bâties.

Un port bloqué dès le début de matinée

Très tôt ce mercredi, les viticulteurs du Syndicat des vignerons de l’Aude, accompagnés des Jeunes Agriculteurs de l’Aude, se sont rassemblés devant l’accès au port de Port-La-Nouvelle.

L’accès à la zone portuaire a été bloqué au cours de la matinée. Un important feu allumé sur le rond-point donnant accès au site a également provoqué un épais panache de fumée visible depuis les alentours.

À travers cette mobilisation, les deux organisations agricoles ont voulu mettre en avant les difficultés économiques auxquelles sont confrontées les exploitations audoises.

Le prix du GNR au centre de la colère

Parmi les principales revendications figure le coût du GNR, le gazole non routier utilisé par les exploitants agricoles. Selon Damien Onorré, président du Syndicat des vignerons de l’Aude, son prix aurait quasiment doublé en huit mois.

Une hausse qui intervient alors que les autres coûts de production restent élevés, notamment pour les engrais. Pour les viticulteurs, cette augmentation pèse directement sur des exploitations dont la rentabilité est déjà fragilisée.

« Nous sommes aux abois », expliquait le responsable syndical lors de la mobilisation, réclamant une véritable prise de conscience de l’État.

Les vignerons souhaitent notamment bénéficier d’un dispositif sur le GNR comparable à celui accordé aux pêcheurs.

La TFNB également dans le viseur

Autre revendication : la taxe foncière sur les propriétés non bâties, la TFNB.

Pour le Syndicat des vignerons, cette fiscalité représente aujourd’hui une charge devenue trop importante au regard de la situation économique des exploitations. Le syndicat demande donc un geste de l’État et des exonérations permettant de soulager les exploitants.

Les Jeunes Agriculteurs de l’Aude ont également placé cette question parmi leurs priorités. Ils soulignent que le poids des charges, associé au coût du GNR et à la TFNB, fragilise particulièrement les jeunes exploitants qui cherchent à s’installer, investir et développer leurs exploitations.

Une délégation reçue par le préfet

Après le blocage du port, une délégation du Syndicat des vignerons de l’Aude et des Jeunes Agriculteurs a été reçue à Carcassonne par le préfet de l’Aude, Alain Bucquet.

À l’issue de cette rencontre, Damien Onorré a indiqué que les représentants agricoles avaient été « bien accueillis » et que le préfet s’était montré à l’écoute de leurs inquiétudes.

Concernant le GNR, les représentants agricoles ont demandé la mise en place d’un système similaire à celui dont bénéficient les pêcheurs. Le préfet a toutefois précisé qu’il ne disposait pas du pouvoir de décision sur cette mesure. Il s’est engagé à transmettre la demande au niveau de l’État.

Sur la TFNB, des possibilités d’exonération doivent également être étudiées. Le préfet doit notamment examiner la situation au regard des conséquences du dérèglement climatique et des épisodes de fortes chaleurs qui touchent les exploitations.

Les agriculteurs attendent désormais des réponses

Cette rencontre a permis d’ouvrir le dialogue, mais les organisations agricoles attendent désormais des mesures concrètes.

Le préfet doit faire le point avec le préfet de Région sur la situation. De leur côté, les représentants du Syndicat des vignerons de l’Aude doivent participer à la commission viticole organisée à Paris ce jeudi.

Après leur mobilisation à Port-La-Nouvelle, viticulteurs et jeunes agriculteurs maintiennent donc la pression pour obtenir des réponses sur les charges qui pèsent sur leurs exploitations et sur les moyens de préserver l’avenir de l’agriculture audoise.