L’État et la Région Occitanie ont signé à Toulouse le premier contrat régional de filière “mobilités intelligentes et durables”, aux côtés des clusters Totem et TenLog et du Campus des métiers et des qualifications. Objectif : coordonner les acteurs d’un secteur stratégique et fixer une feuille de route commune jusqu’en 2028.

Une filière clé pour l’économie régionale

En Occitanie, la filière des mobilités terrestres représente un poids économique majeur avec pas moins de 12 000 salariés dans l’automobile, 9 000 dans l’industrie ferroviaire (hors SNCF), 21 000 dans les nouvelles technologies dédiées aux mobilités et 43 000 dans les services associés.

Des chiffres qui illustrent l’importance stratégique d’un secteur couvrant toute la chaîne de valeur : ingénierie, production, intégration, maintenance et services.

Les entreprises régionales sont notamment positionnées sur la sécurité et les aides à la conduite, la propulsion décarbonée (électrique et hydrogène), la connectivité embarquée ou encore la supervision des infrastructures ferroviaires.

Une feuille de route pour transformer la filière

Ce contrat de filière vise à renforcer la coordination entre acteurs publics et privés afin de répondre aux défis actuels : souveraineté industrielle, transition écologique, compétitivité et adaptation des compétences.

Concrètement, il doit permettre :

  • d’expérimenter des solutions de transport innovantes pour le transport scolaire, le fret ou la logistique du dernier kilomètre ;
  • de structurer un cadre local de collecte et de partage des données ;
  • de développer l’économie circulaire dans l’électronique et le recyclage des batteries ;
  • d’adapter les formations aux nouveaux besoins des entreprises.

Le contrat s’inscrit dans la continuité des priorités nationales, notamment via le plan France 2030. En Occitanie, près de 100 projets liés aux mobilités bénéficient déjà d’environ 110 millions d’euros d’aides publiques pour soutenir la R&D, la diversification et la décarbonation des outils de production.

Innover tout en sécurisant l’emploi

Pour le préfet de région, Pierre-André Durand, ce contrat constitue « une feuille de route ambitieuse » adaptée aux spécificités du territoire.

De son côté, la présidente de Région, Carole Delga, y voit un levier stratégique pour soutenir l’innovation industrielle et développer des mobilités décarbonées tout en répondant aux besoins des usagers. « Une démarche unique qui s’inscrit pleinement dans notre ambition régionale pour penser les mobilités de demain et renforcer la compétitivité de notre écosystème », ajoute-t-elle.

Au-delà des annonces, l’enjeu est clair : maintenir l’Occitanie parmi les territoires moteurs en matière de mobilités du futur, tout en sécurisant les emplois et en préparant les compétences de demain.

Ce contrat ne se traduit pas immédiatement par un projet visible pour le grand public, mais il pose les bases d’une transformation structurelle du secteur. Une étape stratégique pour un écosystème régional qui entend conjuguer innovation, transition écologique et compétitivité industrielle.