Le verdict est tombé tard dimanche soir à Béziers. Le maire sortant Robert Ménard a été réélu dès le premier tour des élections municipales, confirmant la domination politique qu’il exerce sur la ville depuis plus d’une décennie. Sa liste a obtenu 65,60 % des suffrages, un score qui lui permet de franchir largement la barre des 50 % nécessaire pour l’emporter immédiatement.

Derrière lui, ses concurrents arrivent très loin. La liste conduite par Thierry Mathieu recueille 15,24 %, tandis que celle de Julien Gabarron obtient 8,97 %, celle de Thierry Antoine atteint 6,52 % et celle de David Ocard ferme la marche avec 3,66 %. Personne n’est vraiment parvenu à menacer la victoire du maire sortant.

Avec cette réélection nette dès le premier tour, Robert Ménard signe ce qui ressemble à une victoire par KO politique dans la deuxième ville de l’Hérault.

Un résultat annoncé par les sondages

Cette victoire n’a pas totalement surpris les observateurs. Plusieurs semaines avant le scrutin, un sondage réalisé pour la presse locale avait déjà annoncé un rapport de forces très favorable au maire sortant. L’enquête donnait Robert Ménard largement en tête, avec environ 62 % d’intentions de vote dès le premier tour, loin devant ses principaux concurrents, tous crédités d’environ 10 à 11 %.

D’autres enquêtes réalisées pendant la campagne confirmaient cette tendance. Une étude réalisée par l’Ifop le créditait déjà d’environ 61 % des intentions de vote, avec une marge d’erreur qui le maintenait dans tous les cas très largement au-dessus de la majorité absolue.

Dans ces conditions, l’hypothèse d’une victoire dès le premier tour avait progressivement pris de l’ampleur dans les derniers jours de la campagne.

Une domination politique installée depuis 2014

Ce nouveau succès confirme l’ancrage électoral construit par Robert Ménard depuis son arrivée à la tête de la ville en 2014. Ancien président de Reporters sans frontières devenu figure de la droite radicale, il avait alors conquis la mairie avec le soutien du Front national.

Depuis, il s’est imposé comme l’un des maires les plus médiatiques du pays, multipliant les prises de position sur les questions de sécurité, d’immigration ou d’identité. À Béziers, sa politique municipale et son style direct ont contribué à construire une base électorale fidèle.

En 2020 déjà, il avait été réélu très largement dès le premier tour avec plus de 68 % des voix, un score exceptionnel pour une grande ville.

Le scrutin de 2026 confirme donc cette implantation locale, malgré une campagne marquée par la présence de plusieurs listes concurrentes.

Une opposition fragmentée

Face au maire sortant, l’opposition n’est pas parvenue à s’unir. Plusieurs listes se sont présentées séparément, représentant des sensibilités politiques différentes.

Le Rassemblement national avait notamment décidé de présenter son propre candidat, Julien Gabarron, rompant avec la situation de 2020 où le parti n’avait pas opposé de candidature au maire sortant. Cette décision intervenait dans un contexte particulier, marqué par la victoire du député RN lors des législatives précédentes dans la circonscription de Béziers.

À gauche et au centre également, les candidatures de Thierry Antoine, Thierry Mathieu et David Ocard se sont affrontées sans parvenir à constituer une alternative crédible face à la majorité municipale.

Dans ce contexte, aucun adversaire n’a réussi à se rapprocher du niveau électoral atteint par Robert Ménard.

Une victoire nette dès le premier tour

Avec plus de la moitié des suffrages exprimés, Robert Ménard évite donc toute incertitude liée à un second tour. Dans les communes de plus de 1 000 habitants, une liste qui dépasse les 50 % au premier tour remporte immédiatement l’élection et bénéficie de la prime majoritaire au conseil municipal.

Ce résultat lui assure donc une majorité confortable pour gouverner la ville pendant les six prochaines années.

Pour ses soutiens, cette victoire confirme l’adhésion d’une large partie de la population biterroise à la politique menée depuis plus de dix ans. Pour ses opposants, elle souligne au contraire la difficulté à construire une alternative politique crédible dans une ville où le maire sortant bénéficie d’une forte visibilité et d’une implantation solide.

Et 1, et 2, et 3 zéro

Avec cette nouvelle victoire, Robert Ménard entame donc un nouveau mandat à la tête de Béziers. À 72 ans, il reste l’une des figures politiques les plus singulières du paysage municipal français.

Son succès confirme également la place particulière qu’occupe Béziers dans la géographie politique du sud de la France, où certaines villes ont vu émerger depuis une dizaine d’années des majorités locales très marquées à droite.

Dimanche soir, le message des urnes a été clair. À Béziers, les électeurs ont choisi la continuité et ils l’ont fait sans attendre un second tour !

Tous les résultats sont à retrouver sur le site resultats-elections.interieur.gouv.fr.