La saison des feux de forêt 2026 aura été particulièrement intense dans l’Aude. Entre juin et septembre, 330 interventions pour des feux de végétation ont été enregistrées, dont 89 feux de forêt. Plus de 1 000 hectares ont brûlé dans le département, sans compter les importants incendies de Pouzols-Beaufort et de Puilaurens.

330 interventions en quatre mois

Les chiffres dressent le bilan d’un été particulièrement difficile pour les secours. Entre juin et septembre, 330 interventions ont concerné des feux de végétation dans l’Aude. Parmi elles, 89 étaient des feux de forêt et 241 concernaient d’autres types de végétation.

Le département a notamment été marqué par plusieurs incendies de grande ampleur. Le feu de Pouzols, parti de Beaufort dans l’Hérault le 1er juillet, a parcouru 586 hectares dans l’Aude. À Puilaurens, le 4 août, 225 hectares ont brûlé.

D’autres incendies importants ont touché Carcassonne-Montlegun, avec 52,48 hectares brûlés le 2 août, Montséret avec 47,23 hectares le 6 août, ainsi que Conques le 13 août avec 27,86 hectares. Le feu de Carcassonne-Aéroport, survenu le 27 septembre, a également détruit 40 hectares.

Au total, les seuls principaux incendies recensés dans le bilan représentent déjà près de 1 000 hectares.

Depuis 1948, les 40 °C ont été dépassés 19 fois : 1 jour en 1982, 3 jours en 2003 et
15 fois depuis 2022.

Un été marqué par une chaleur exceptionnelle

Cette activité importante des feux s’explique notamment par les conditions météorologiques rencontrées au cours de l’été.

Le bilan fait état de 35 jours avec des températures supérieures à 35 °C dans l’Aude, alors que la normale annuelle est de quatre jours. Cinq journées ont dépassé les 40 °C, un record départemental, alors que quatre journées avaient atteint ce seuil en 2022 et 2025.

La température moyenne de l’été a été supérieure de 3,9 °C à la normale. 2026 constitue le douzième été consécutif plus chaud que la normale.

La chaleur avait par ailleurs commencé très tôt. Dès la fin du mois de mai, les 36 °C avaient été dépassés à trois reprises. Cinq vagues de chaleur se sont ensuite succédé entre la fin mai et la mi-août.

Juin 2026 a également été le mois de juin le plus chaud jamais enregistré en France, avec une température moyenne de 22,7 °C.

Des sols extrêmement secs

À ces températures se sont ajoutées des périodes prolongées sans précipitations significatives. Le bilan des services de l’Etat fait état d’une sécheresse très prononcée sur l’ensemble du département, avec des sols et une végétation particulièrement secs.

La situation était d’autant plus préoccupante que la sécheresse s’est installée très tôt dans la saison. Le document souligne que le déficit hydrique est intervenu en pleine période de croissance et de transpiration des arbres.

Le risque incendie s’est donc retrouvé renforcé par deux phénomènes : l’évolution climatique, avec des périodes sèches plus longues et des températures plus élevées, mais aussi l’augmentation des surfaces combustibles.

La déprise agricole entraîne en effet l’apparition de friches qui peuvent progressivement être colonisées par la végétation et notamment le pin d’Alep. Dans certains secteurs, la disparition des anciennes ceintures viticoles rapproche également les zones naturelles combustibles des habitations.

Neuf feux sur dix d’origine humaine

Autre enseignement du bilan : neuf feux sur dix sont d’origine humaine et 25 feux de véhicules ont été recensés sur les autoroutes durant la saison, dont sept ont donné lieu à un feu de forêt.

Dans les secteurs boisés ou de garrigue, les comportements à risque peuvent rapidement provoquer un départ de feu dans une végétation extrêmement sèche. Mégot jeté depuis une voiture, travaux produisant des étincelles, feu ou barbecue sont notamment susceptibles d’avoir de lourdes conséquences.

Des moyens importants mobilisés

Pour faire face à cette situation, le dispositif de lutte a été renforcé tout au long de l’été.

Entre 80 et 120 personnels ont été mobilisés chaque jour, accompagnés de 12 à 24 camions-citernes dédiés aux feux de forêt. Deux postes de commandement mobiles ont également été déployés.

La surveillance a reposé sur 27 patrouilles de guet armé terrestre, dont 19 patrouilles bénévoles portées par les comités communaux feux de forêts et les réserves communales de sécurité civile, ainsi que huit patrouilles de surveillance et d’intervention de l’ONF.

Les moyens aériens ont également joué un rôle majeur. Au total, 38 moyens aériens zonaux ont été engagés au cours de la saison. Ils ont réalisé 1 083 largages d’eau ou de retardant.

Parmi eux, 157 largages ont été effectués par des Canadair, 55 par des Dash, 64 par des Puma et 779 par le Morane 11, hélicoptère bombardier d’eau loué par le Département de l’Aude. Au 29 septembre, ce dernier avait réalisé 108 missions sur 48 communes.

Frapper le feu dès les premières minutes

La stratégie repose sur un principe simple : intervenir le plus rapidement possible sur les départs de feu avant qu’ils ne prennent de l’ampleur.

L’objectif est d’intervenir dans les dix minutes après la détection lorsque le risque est élevé et de contenir le feu à moins d’un hectare avant la première attaque.

Les Canadair peuvent ainsi être engagés sur les feux naissants, parfois avant même l’arrivée des moyens terrestres. Les avions de guet aérien armé permettent également de détecter rapidement les départs et d’effectuer des largages dans les minutes qui suivent.

Cette stratégie explique notamment l’importance des moyens prépositionnés au plus près des secteurs sensibles.

Une vigilance qui doit se poursuivre

Même si la saison estivale est désormais terminée, on rappelle que la vigilance reste nécessaire tant que la sécheresse persiste.

Les projections de Météo-France font état d’un possible allongement de la période sèche estivale, aujourd’hui estimée entre un et deux mois, vers une période pouvant atteindre quatre à cinq mois.

Dans l’Aude, la prévention des incendies devient donc un enjeu qui dépasse largement les seuls mois d’été. Le respect des interdictions de faire du feu, l’entretien des terrains et le débroussaillement autour des habitations constituent autant de mesures destinées à limiter les risques.

En cas de départ de feu, le réflexe reste le même : appeler immédiatement le 18 ou le 112, en indiquant le lieu le plus précisément possible, et s’éloigner de la zone dangereuse.