Après l’interdiction de récolte et de vente d’huîtres, de moules et de palourdes de l’étang de Thau, l’État et les collectivités locales annoncent plusieurs soutiens pour aider les professionnels à faire face aux conséquences sanitaires et économiques de cette mesure.

La nouvelle préfète de l’Hérault, Chantal Mauchet, a donc rassemblé mardi 6 janvier 2026, à la préfecture de Montpellier, tous les acteurs concernés : représentants de la filière conchylicole, services de l’État, collectivités locales et partenaires financiers.

Pour rappel, la décision de suspendre temporairement la récolte et la commercialisation des coquillages de l’étang de Thau a été prise le 30 décembre 2025, pour une période de 28 jours. Cette mesure s’applique aux coquillages récoltés à partir du 19 décembre, après avoir établi un lien épidémiologique avec un norovirus.

Les premières enquêtes montrent que la contamination du bassin conchylicole provient de plusieurs fortes pluies survenues les 15 et 16 décembre, puis les 21, 22 et 23 décembre. Ces pluies ont entraîné des eaux non absorbées par le réseau, qui se sont déversées dans l’étang, et ce, dans un contexte de présence de norovirus dans les eaux usées.

C’est quoi un norovirus ?

Un norovirus est un virus contagieux qui provoque des gastro-entérites aiguës chez l’être humain. Il est l’une des principales causes de diarrhées et de vomissements dans le monde, notamment en hiver.

Les coquillages (huîtres, moules, palourdes) sont particulièrement sensibles car ce sont des animaux filtreurs : ils peuvent accumuler les virus présents dans l’eau, notamment après de fortes pluies qui entraînent des rejets d’eaux usées vers les lagunes et les étangs.

C’est pourquoi, lorsqu’un lien est établi entre des cas de gastro-entérites et la consommation de coquillages, les autorités sanitaires peuvent décider de suspendre temporairement la récolte et la commercialisation, par mesure de précaution.

Une filière déjà fragilisée

Cette situation souligne la vulnérabilité du bassin de Thau face aux événements climatiques extrêmes et aux problèmes des systèmes d’assainissement.

Cette nouvelle suspension arrive à un moment particulièrement difficile pour les professionnels. La filière conchylicole de l’étang de Thau a déjà subi de lourds impacts en raison des crises précédentes du norovirus à l’hiver 2022-2023 et de l’épisode de malaïgue de l’été 2025.

Les conséquences économiques sont importantes : pertes de chiffre d’affaires, destruction de coquillages, frais logistiques supplémentaires, problèmes de trésorerie et baisse d’activité. Les professionnels craignent aussi une perte de confiance des consommateurs, surtout à l’export.

Face à cette situation, l’État, la Région Occitanie, le Département de l’Hérault et Sète Agglopôle Méditerranée ont annoncé plusieurs mesures de soutien:

  • Le Conseil départemental de l’Hérault envisage d’exempter la redevance portuaire, estimée à 120 000 euros, même dans un contexte budgétaire serré.
  • Sète Agglopôle Méditerranée propose une année blanche sur la redevance de traitement des déchets conchylicoles, représentant un effort financier d’environ 1 million d’euros.
  • L’État a précisé que les professionnels peuvent demander des étalements de dettes fiscales et sociales. Un mécanisme de remise de la TFNB a été autorisé, et la réduction des redevances domaniales de culture marine (jusqu’à 50 %) sera réintroduite en 2027.
  • La Banque de France a rappelé que la médiation du crédit peut être utilisée et que les remboursements des prêts garantis par l’État peuvent être étalés sur quatre années supplémentaires.
  • La DDTM a annoncé l’ouverture prochaine d’un guichet d’indemnisation lié à la crise de la malaïgue de l’été 2025, avec un nouveau barème, révisé pour la première fois en 15 ans.

Au-delà des mesures d’urgence, l’État et ses partenaires souhaitent mettre en place des actions structurelles pour éviter la répétition de ces crises. Parmi les actions à venir, on trouve l’amélioration des réseaux d’assainissement et fluviaux, ainsi que le développement de solutions pour protéger les exploitations.

Une campagne de communication, financée par le FEAMPA, sera également lancée pour améliorer l’image du secteur, frappé par cette nouvelle crise sanitaire. Parallèlement, le développement du conchylitour, soutenu par le Département, doit aider à valoriser le savoir-faire local et à regagner la confiance du public.