Le dernier bilan trimestriel des défaillances d’entreprises dans la région Occitanie confirme une tendance à la hausse, en phase avec la dynamique nationale, mais révèle surtout d’importantes disparités entre départements.
Selon le communiqué d’Allianz Trade publié cette fin janvier, 1 674 entreprises ont été en situation de défaillance au 4ᵉ trimestre 2025, soit une progression de +1 % par rapport à la même période en 2024. Sur l’ensemble de l’année, la région a enregistré 6 117 défaillances, soit une augmentation de +4 % après un bond de +13 % en 2024 et un niveau très élevé de +39 % en 2023, dans une ère post-COVID.
Cette progression traduit une pression économique persistante au niveau local. Les secteurs les plus touchés en Occitanie restent les services (33 %), la construction (21 %) et le commerce (21 %), suivis de près par l’hébergement-restauration (15 %), des secteurs déjà fragilisés par l’inflation, la hausse des coûts et une demande fluctuante.
Des situations départementales très contrastées
Le bilan régional masque toutefois une réalité hétérogène selon les territoires :
- Ariège : spectaculaire augmentation de +82 % des cas de défaillances au 4ᵉ trimestre, après une hausse déjà forte au trimestre précédent.
- Gard, Lot, Aude, Lozère, Hautes-Pyrénées, Gers : toutes affichent des hausses à deux chiffres.
- Tarn et Garonne, Aveyron, Tarn, Haute-Garonne, Pyrénées-Orientales, Hérault : inversement, ces départements enregistrent un recul des défaillances par rapport à l’année précédente.
Cette disparité met en évidence des dynamiques économiques locales très variables, reflétant des structures industrielles, des niveaux d’endettement, et des marchés de consommation internes hétérogènes.
Un contexte national déjà historiquement fragilisé
Au niveau national, la situation est largement comparable : la France a connu un record historique de défaillances en 2025, avec 68 574 cas recensés sur l’année, soit une hausse de +3,5 % par rapport à 2024.
Le 4ᵉ trimestre 2025 lui-même a vu 18 759 défaillances, en progression de +2,4 % par rapport à la même période en 2024, confirmant un niveau de faillites très élevé pour la deuxième année consécutive.
Cette tendance s’inscrit dans une trajectoire ascendante prolongée depuis la fin des aides massives liées à la crise sanitaire, l’impact de la hausse des taux d’intérêt, les incertitudes géopolitiques, et la faiblesse du cycle économique global. Selon les analystes d’Allianz Trade, malgré une légère décélération de l’accélération des défaillances, le niveau de sinistralité devrait rester élevé au moins jusqu’en 2026, avec des perspectives incertaines pour les années suivantes.
« L’économie française, comme beaucoup d’autres, est confrontée à des défis importants. Dans ce contexte économique marqué par une complexité et une incertitude sans précédent, les entreprises doivent être particulièrement attentives pour limiter le risque de non-paiement en s’appuyant notamment surl’analyse du risque de leur secteur et de leurs clients et fournisseurs », rappelle Laurent Treilhes, Président du Comité Exécutif d’Allianz Trade en France.
Ce que cela signifie pour les entreprises et l’emploi
La hausse des défaillances, tant en Occitanie qu’au plan national, est un indicateur fort de la fragilisation de certaines entreprises, en particulier des petites et moyennes structures souvent moins résilientes face aux chocs économiques. Les secteurs les plus exposés sont ceux très dépendants de la consommation des ménages ou sensibles aux variations des coûts des matières premières et de l’énergie.
Si les quelques baisses observées dans certains départements d’Occitanie sont encourageantes, la tendance globale plaide en faveur d’un renforcement des dispositifs d’accompagnement, de prévention des difficultés, et d’appui financier ou technique pour les entreprises locales, afin de limiter l’effet domino que peuvent entraîner les faillites sur l’emploi et l’économie régionale.




