Le projet EolMed, l’un des premiers parcs éoliens flottants en Méditerranée, vient de franchir une étape cruciale ce lundi 12 janvier. Après de longs mois de préparation industrielle et logistique, la troisième éolienne vient d’être transportée depuis le port de Port-La-Nouvelle vers son emplacement d’installation, situé à environ 20 kilomètres au large de Port-La Nouvelle et de Gruissan.
L’opération a nécessité la mobilisation de ressources humaines et techniques considérables. Après avoir été guidée par des remorqueurs spécialisés du port à l’entrée de la zone maritime, l’éolienne a été prise en charge par le navire norvégien BB Octopus, qui était chargé de son transport jusqu’à la concession marine. Ce transfert, effectué sur une journée entière, met en évidence le défi que représente l’installation de structures d’envergure en haute mer et la collaboration indispensable entre les ports, les opérateurs nautiques et les équipes techniques.
Ce n’est pas simplement une question de logistique : le transport de cette troisième et dernière turbine vers son site d’opération est une étape essentielle avant la phase ultime de mise en place du parc, qui devrait bientôt aborder la phase finale menant à sa mise en fonctionnement.
Un projet pilote pour l’éolien flottant français
EolMed est un projet-pilote de 30 MW, destiné à expérimenter et approuver les technologies d’éoliennes flottantes, particulièrement appropriées aux régions où les profondeurs marines empêchent l’installation de turbines fixes. Il est constitué de trois turbines d’une puissance de 10 MW chacune, installées sur des structures flottantes semi-submersibles qui sont fixées à une profondeur approximative de 55 à 60 mètres.
Le projet, lancé par le consortium français dirigé par le producteur indépendant Qair, en collaboration avec TotalEnergies et BW Ideol, spécialiste de la technologie flottante, est perçu comme une avancée novatrice pour l’énergie durable en Méditerranée.
Une part importante de la construction des structures a été effectuée en Occitanie, avec la participation d’acteurs industriels locaux dans le processus d’assemblage des flotteurs et des éléments. Cela illustre la position stratégique de Port-La-Nouvelle en tant que centre portuaire pour les technologies offshore en Méditerranée, ainsi que les initiatives visant à établir une industrie locale autour de l’éolien flottant.
Après l’installation des trois turbines et leur branchement au réseau, le projet EolMed devrait être en mesure de générer près de 110 millions de kWh annuellement, ce qui correspond à la consommation électrique d’environ 50 000 ménages. C’est une part significative dans l’effort de diminution des émissions de CO₂ et l’évolution vers des sources d’énergie plus durables.
Une fois la troisième éolienne transportée, l’étape suivante consistera donc à procéder au montage final en mer des trois turbines flottantes. Des opérations de fixation, de câblage et de mise en service électrique doivent encore être effectuées avant que la connexion au réseau terrestre, assurée par Réseau de Transport d’Électricité (RTE) grâce à un câble sous-marin et souterrain jusqu’à la station électrique côtière, puisse se faire.




