Pour renforcer la gestion de la cohabitation entre l’ours brun et les activités humaines en Occitanie, la préfecture de région a annoncé la mise en place pour 2026 des « cercles de protection ours » sur le massif pyrénéen. Ce dispositif vise à mieux organiser les mesures de prévention et d’accompagnement des éleveurs et autres usagers du territoire face à la présence accrue de l’ours dans les montagnes.
Une population d’ours qui progresse
L’ours brun (Ursus arctos) est revenu progressivement dans les Pyrénées depuis les premières opérations de réintroduction menées dans les années 1990, après presque une disparition totale de l’espèce dans le massif. Selon l’Office français de la biodiversité (OFB), la population d’ours continue d’augmenter régulièrement : entre 2006 et 2023, elle a affiché un taux de croissance annuel moyen de plus de 10 % et, en 2024, au moins 96 individus ont été détectés, dont 22 oursons nés cette année-là, un record depuis les débuts du suivi scientifique.
Cette progression s’explique par la mise en place de programmes de conservation coordonnés entre la France, l’Espagne et l’Andorre, mais elle s’accompagne aussi de défis importants, notamment pour les éleveurs et les gestionnaires d’espaces naturels.
Qu’est-ce que les cercles de protection ?
Les cercles de protection ours sont des zones géographiques définies par la préfecture en fonction des indices de présence de l’ours et des risques de prédation sur les troupeaux. Ils permettent de structurer l’accès à différentes aides et mesures de protection destinées aux éleveurs, agriculteurs et autres acteurs concernés. Dans d’autres contextes de prédateurs comme le loup, ce zonage inclut notamment des cercles dits « 0 », « 1 » ou « 2 », qui déterminent les niveaux des aides à la protection des troupeaux (gardiennage renforcé, chiens de protection, clôtures électrifiées, etc.) en fonction de l’intensité de la prédation constatée.
À l’instar des dispositifs déjà appliqués pour d’autres prédateurs, la mise en place de ces cercles pour l’ours en Occitanie doit permettre de mieux cibler les moyens de prévention des attaques sur le bétail, tout en assurant une meilleure coordination des actions entre les services de l’État, les collectivités territoriales et les éleveurs.
Dans l’Aude, Mérial, Camurac, La Fajolle et Nior-de-Sault sont concernées.

Cohabitation et prévention
Si la population d’ours a progressé au fil des années, les attaques sur troupeaux n’ont pas augmenté de manière spectaculaire. Dans le massif des Pyrénées, l’OFB relève que le nombre d’attaques reste relativement stable, malgré l’accroissement du nombre d’ours. En 2024, environ 310 attaques ont été comptabilisées, entraînant la mort de 565 animaux, un chiffre proche de celui des années précédentes.
Les autorités et les associations travaillent ainsi à renforcer les mesures de prévention, notamment par le biais :
- de chien de protection de troupeau pour dissuader les prédateurs,
- de parcs électrifiés ou protections nocturnes,
- de formations pour les bergers,
- ou encore de sensibilisation pour les randonneurs et usagers de la montagne, afin d’éviter les rencontres accidentelles.
Un débat toujours vif
La présence de l’ours dans les Pyrénées reste un sujet sensible pour certains acteurs locaux, notamment dans les milieux pastoraux. Si les mesures de protection et les aides financières visent à réduire les tensions, des divergences persistent quant à l’accueil de ce grand prédateur dans des zones de montagne déjà soumises à des contraintes importantes. Le préfet de région et les services de l’État insistent cependant sur la nécessité d’une approche équilibrée : protéger une espèce rare et symbolique tout en apportant des solutions concrètes aux éleveurs touchés.
Des aides renforcées pour les éleveurs concernés
La mise en place des cercles de protection ouvre également droit à un ensemble d’aides financières et techniques destinées à accompagner les éleveurs confrontés à la présence de l’ours.
Ces aides portent notamment sur la mise en œuvre de moyens de protection des troupeaux : financement de chiens de protection, installation de parcs de regroupement nocturnes, clôtures électrifiées, ou encore prise en charge partielle du gardiennage renforcé.
Les exploitations situées dans les cercles définis comme les plus exposés peuvent bénéficier d’un taux d’aide majoré. En cas d’attaque avérée, un dispositif d’indemnisation des pertes animales est également prévu par l’État, après expertise réalisée par l’Office français de la biodiversité.
L’objectif affiché est de limiter l’impact économique pour les éleveurs tout en favorisant une cohabitation durable entre activités pastorales et faune sauvage protégée.




