Le 24 février dernier à Perpignan, les Régions Occitanie, Provence-Alpes-Côte d’Azur, Catalogne (Espagne) et Ligurie (Italie) se sont réunies pour affirmer une ambition commune : faire progresser le projet d’un corridor ferroviaire méditerranéen performant et structurant pour les transports de personnes et de marchandises en Europe.

Ce corridor, qui s’inscrit dans le cadre des grands axes du Réseau trans-européen de transport (RTE-T), vise à relier de manière plus fluide et efficace les zones littorales du sud de l’Europe, de l’est de l’Espagne jusqu’à l’Italie, en passant par le sud de la France. Il fait partie des axes stratégique de la politique européenne de mobilité et de logistique durable, au même titre que d’autres corridors qui traversent plusieurs pays de l’Union.

Parlant ainsi de la ligne Perpignan-Montpellier, la Présidente de la région Occitanie, Carole Delga rappelle que cette ligne doit permettre de « renforcer l’offre de TGV et de trains du quotidien, de désenclaver nos territoires, de réduire le trafic de poids lourds sur l’A9 mais aussi de sécuriser la ligne du Littoral existante face aux risques climatiques ».

Un objectif : un « arc ferroviaire méditerranéen »

L’enjeu principal de cette coordination est de travailler à un arc ferroviaire méditerranéen robuste et capacitaire, capable de relier des territoires et des économies tout au long de la côte méditerranéenne européenne. Cela signifie :

  • Renforcer les lignes ferroviaires existantes et accélérer les projets de lignes nouvelles, notamment en France avec des tronçons comme la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan ou la Ligne nouvelle Provence Côte d’Azur, indispensables pour fluidifier les liaisons à grande échelle.
  • Coordonner les travaux entre les pays afin d’harmoniser les niveaux de performance, la capacité des infrastructures, et les technologies de signalisation ou de gestion des trains.
  • Amplifier l’attractivité du rail face au transport routier, dans un contexte où le fret ferroviaire et les déplacements longue distance ont besoin d’alternatives plus durables.

L’objectif à terme est de créer une véritable liaison ferroviaire efficace pour voyageurs et marchandises, connectant les principaux ports, zones économiques et pôles urbains méditerranéens, tout en réduisant les temps de parcours et l’empreinte environnementale des transports.

Pourquoi cela compte pour les territoires

La coordination entre ces quatre régions n’est pas un simple symbole politique : elle traduit une volonté concrète de dépasser les cloisonnements nationaux pour faire avancer des projets qui traversent des frontières. En s’engageant ensemble, les régions :

  • Accélèrent la planification et la mise en œuvre des chantiers d’infrastructure.
  • Renforcent la cohérence des travaux transfrontaliers (par exemple entre la France, l’Espagne et l’Italie).
  • Ciblent des financements européens et partagés, indispensables face à l’ampleur des investissements nécessaires.

En plus, cette coopération s’inscrit dans un mouvement plus vaste : depuis 2025, les corridors européens, dont le corridor méditerranéen, sont au cœur de la stratégie de développement de l’UE en matière de transports durables, logistique intelligente et réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Un travail qui se construit dans le temps

Cette réunion à Perpignan fait suite à une série d’échanges et de groupes de travail déjà entamés les années précédentes, notamment lors de rencontres à Valence en 2025 ou à Toulouse en fin d’année dernière, où les questions de résilience des infrastructures face au changement climatique figuraient déjà en priorité.

Le fil conducteur de ces démarches est toujours le même : rapprocher les acteurs publics, coordonner les grandes phases de construction, encourager l’alignement des projets nationaux et régionaux afin de faire de cet axe ferroviaire méditerranéen un véritable outil de mobilité européenne, plus rapide, plus durable et plus intégré que jamais.