Par arrêté préfectoral, l’État a déclaré d’intérêt général et d’urgence les travaux d’exploitation des bois brûlés après l’incendie de Ribaute, survenu en août 2025. Une mesure exceptionnelle destinée à sécuriser et reconstruire un territoire lourdement touché.

Sept mois après le gigantesque incendie qui a ravagé une partie des Corbières, l’État franchit une nouvelle étape dans la reconstruction du territoire. Par arrêté préfectoral publié lundi, les travaux d’exploitation des bois brûlés issus du feu de Ribaute ont été déclarés d’intérêt général et d’urgence.

Parti le 5 août 2025 dans le secteur de Ribaute, l’incendie avait ravagé près de 11 000 hectares de forêt, devenant le feu le plus destructeur enregistré en zone méditerranéenne depuis près d’un demi-siècle.

Aujourd’hui, cette immense surface dévastée représente encore un danger. Les arbres brûlés fragilisés peuvent tomber ou perdre des branches, rendant certaines zones forestières particulièrement risquées pour les promeneurs, les habitants ou les professionnels. L’impact paysager est également important et pourrait freiner le retour de l’activité touristique dans ces secteurs.

Une intervention coordonnée à grande échelle

Face à l’ampleur des dégâts, plusieurs communes touchées par l’incendie ont demandé l’intervention du Département pour organiser l’exploitation des bois brûlés. Au total, quinze communes des Corbières sont concernées par cette démarche: Albas, Camplong d’Aude, Cascastel-des-Corbières, Coustouge, Durban-Corbières, Fabrezan, Jonquières, Lagrasse, Ribaute, Roquefort-des-Corbières, Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse, Talairan, Thézan-des-Corbières, Tournissan et Villesèque-des-Corbières.

Dans ces territoires, la propriété forestière est très morcelée, avec de nombreuses parcelles privées parfois abandonnées. Cette situation rend difficile une gestion rapide et cohérente après un incendie.

Grâce à la déclaration d’intérêt général, le Conseil départemental de l’Aude pourra désormais intervenir sur l’ensemble de la zone sinistrée, y compris sur certaines parcelles privées, afin de procéder à l’exploitation des bois brûlés et de mener des actions de prévention contre de futurs incendies.

Cette autorisation exceptionnelle est accordée pour une durée de deux ans.

Les propriétaires appelés à se prononcer

Dans les prochains jours, le Département va contacter plus d’un millier de propriétaires forestiers concernés par cette opération. Chacun disposera d’un délai de deux mois pour indiquer s’il souhaite confier l’exploitation de ses parcelles au Département.

Les propriétaires pourront accepter cette prise en charge gratuitement, ou choisir de réaliser eux-mêmes les travaux dans un délai d’un an. L’accompagnement d’un gestionnaire forestier professionnel pourra alors être sollicité.

En l’absence de réponse dans le délai imparti, le silence vaudra accord, permettant ainsi d’éviter les blocages administratifs et d’accélérer les opérations sur le terrain.

Une étape clé pour la reconstruction

Pour les autorités, cette procédure exceptionnelle marque une étape importante dans le processus de reconstruction des territoires sinistrés. Elle intervient après plusieurs semaines de concertation entre l’État, les communes, les propriétaires forestiers et leurs représentants.

Au-delà de la sécurisation immédiate des zones touchées, l’objectif est aussi de préparer la restauration du massif forestier et de limiter les risques liés aux incendies futurs.

Dans les Corbières, où les traces du sinistre restent très visibles, cette opération doit permettre d’amorcer progressivement le retour à la normale pour les habitants comme pour les visiteurs.