À l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, le Département de l’Hérault réaffirme sa stratégie : anticiper les tensions à venir sur la ressource pour garantir l’accès à l’eau potable et préserver les usages.

Dans un contexte de changement climatique et de pressions croissantes sur les ressources naturelles, la gestion de l’eau s’impose comme un enjeu majeur pour les territoires. Dans l’Hérault, le Département entend prendre les devants. Plutôt que de subir les crises, la collectivité affiche une ligne claire : anticiper pour sécuriser l’avenir.

Cette ambition s’est traduite récemment par une conférence organisée à l’occasion de la Journée mondiale de l’eau, réunissant élus, techniciens et experts autour d’une question centrale : comment renforcer la résilience des territoires face aux aléas climatiques ?

Car si les nappes phréatiques peuvent sembler aujourd’hui relativement bien remplies après des épisodes pluvieux intenses, l’incertitude demeure forte d’une année sur l’autre. Les spécialistes le rappellent : sécheresses, pluies extrêmes et variations de débit deviennent de plus en plus imprévisibles.

Sécuriser la ressource et moderniser les réseaux

Pour répondre à ces défis, le Département multiplie les actions. L’une des priorités consiste à sécuriser l’approvisionnement en eau potable. Cela passe notamment par la recherche de nouvelles ressources souterraines et par le renforcement des infrastructures existantes.

Parmi les projets structurants figure l’extension du réseau Aqua Domitia, déjà réalisée à 85 %. Ce dispositif permet d’interconnecter les réseaux et d’acheminer de l’eau issue du Rhône afin de soulager les nappes locales, notamment sur le littoral.

Autre piste : la création de retenues hivernales. Ces réserves permettraient de stocker l’eau en période de pluie pour répondre aux besoins agricoles en été, sans puiser dans les nappes souterraines.

Mais l’enjeu ne se limite pas à trouver de nouvelles ressources. Il s’agit aussi de mieux gérer celles déjà disponibles. Aujourd’hui, environ 20 % de l’eau se perd dans les réseaux de distribution en raison de fuites. Un chiffre jugé considérable, qui souligne l’urgence d’investir dans la modernisation des infrastructures.

Parallèlement, d’autres solutions sont explorées, comme la réutilisation des eaux usées ou encore le dessalement. Autant de pistes complémentaires pour diversifier les sources et renforcer la résilience du territoire.

Un engagement collectif à tous les niveaux

Au-delà des grands projets, le Département insiste sur la nécessité d’une mobilisation globale. Collectivités, professionnels, agriculteurs mais aussi citoyens : chacun a un rôle à jouer dans la préservation de la ressource.

Cette approche se traduit par un accompagnement renforcé des communes. Grâce à son agence Hérault Ingénierie, le Département apporte une expertise technique, administrative et financière pour aider les collectivités à gérer durablement leurs réseaux d’eau potable et leurs systèmes d’assainissement.

Au total, plusieurs centaines de communes bénéficient de cet appui, qu’il s’agisse de diagnostiquer des installations, de sécuriser des captages ou encore de planifier des travaux d’amélioration.

La collectivité agit également sur la surveillance de la qualité de l’eau, la protection des milieux aquatiques ou encore la gestion des ouvrages hydrauliques, comme les barrages du Salagou et des Olivettes.

En filigrane, un message simple : face au changement climatique, l’inaction coûterait bien plus cher que l’investissement. Anticiper aujourd’hui, c’est garantir demain un accès équitable à une ressource devenue plus précieuse que jamais.