De l’Antiquité à l’époque contemporaine, quatre figures féminines ayant contribué au rayonnement de Narbonne sont désormais mises à l’honneur au square Thérèse-et-Léon-Blum. Inaugurée ce jeudi 11 juin, cette fresque monumentale est le fruit d’un projet citoyen porté par les habitants du quartier d’Egassiairal.

Le visage de quatre femmes emblématiques de l’histoire narbonnaise accueille désormais les visiteurs du square Thérèse-et-Léon-Blum. Réalisée par l’artiste Ratur dans le cadre d’un projet participatif soutenu par la Ville de Narbonne et le Grand Narbonne, cette fresque colorée raconte à sa manière plus de quinze siècles d’histoire locale.

L’œuvre met en lumière quatre personnalités féminines ayant marqué leur époque : l’impératrice romaine Galla Placidia, la vicomtesse Ermengarde, la gouverneure Françoise de Cezelli et la militante socialiste Thérèse Blum. Quatre destins exceptionnels qui illustrent le rôle joué par les femmes dans la construction de l’identité narbonnaise.

Une œuvre née de la volonté des habitants

Cette réalisation est avant tout l’aboutissement d’une démarche citoyenne. Le projet figure parmi les neuf lauréats de l’appel à projets participatifs lancé par la Ville de Narbonne en 2024. Doté d’une enveloppe globale de 150 000 euros, ce dispositif permet aux conseils citoyens de proposer des aménagements destinés à améliorer leur quartier.

Portée par le Conseil citoyen d’Egassiairal, l’idée consistait à transformer un mur jusque-là très minéral en une œuvre artistique capable de valoriser à la fois le patrimoine et l’histoire locale.

« Notre souhait était de redonner vie à cet ancien fossé des remparts de la cité, jusque-là très minéral et austère, en le transformant en une fresque lumineuse et colorée », explique Danièle Calvière, membre du Conseil citoyen d’Egassiairal. « À travers des motifs inspirés de la nature, l’artiste a su mettre à l’honneur plusieurs figures féminines qui ont contribué au rayonnement et au prestige de Narbonne. »

Quatre femmes, quatre époques de l’histoire narbonnaise

La fresque propose un véritable voyage dans le temps.

La première figure représentée est Galla Placidia (388-450), fille de l’empereur Théodose Ier. Capturée puis mariée au roi wisigoth Athaulf lors d’une union célébrée à Narbonne en 414, elle deviendra l’une des femmes les plus influentes de la fin de l’Empire romain d’Occident.

Vient ensuite Ermengarde de Narbonne (1127-1196), l’une des grandes souveraines occitanes du Moyen Âge. Vicomtesse durant près d’un demi-siècle, elle gouverna une cité prospère ouverte sur la Méditerranée et protégea les arts ainsi que la culture des troubadours.

La Renaissance est incarnée par Françoise de Cezelli (1558-1615), héroïne de la défense de Leucate face aux Espagnols en 1589. Après l’exécution de son mari, elle prit elle-même la tête de la résistance et contribua à repousser les assaillants. Son courage lui valut la reconnaissance du roi Henri IV.

Enfin, la période contemporaine est représentée par Thérèse Blum (1881-1938), militante socialiste engagée aux côtés de Léon Blum, député de l’Aude entre 1929 et 1940. Surnommée la « citoyenne Blum », elle demeure une figure importante de l’histoire politique et sociale locale.

L’art urbain au service du patrimoine

Pour donner vie à ce projet, le choix s’est porté sur l’artiste Ratur, de son vrai nom Arthur Maslard. Issu du monde du graffiti et reconnu pour son univers figuratif mêlant réalisme et influences classiques, il a conçu une œuvre où les portraits féminins dialoguent avec un environnement végétal inspiré du square.

Réalisée entièrement au pinceau et au rouleau avec une peinture minérale destinée à assurer sa pérennité, la fresque s’inscrit également dans un projet plus vaste de requalification du quartier, en lien avec les aménagements artistiques réalisés le long de la piste cyclable reliant le Carrefour des Plages à la gare.

Une plaque équipée d’un QR Code permet désormais aux visiteurs de découvrir l’histoire de ces quatre femmes dont les parcours ont traversé les siècles. Au-delà de son aspect esthétique, l’œuvre constitue ainsi un véritable support de transmission de la mémoire locale.

Cette fresque est aussi le symbole d’une participation citoyenne active, capable de transformer un espace public tout en valorisant l’histoire et les personnalités qui ont contribué à façonner Narbonne.