La Ville de Carcassonne renforce la réglementation concernant les trottinettes électriques et autres engins de déplacement personnel motorisés. Un nouvel arrêté, signé le 7 août par le maire Christophe Barthès, encadre plus strictement leur circulation, notamment dans le centre-ville et les secteurs les plus fréquentés.

Les utilisateurs de trottinettes électriques vont devoir être particulièrement vigilants à Carcassonne. Avec l’arrêté municipal n°2026-0341, la Ville abroge et remplace celui du 18 novembre 2024 afin de renforcer les règles applicables aux engins de déplacement personnel motorisés (EDPM).

Dans son arrêté, le maire justifie cette évolution par le développement important de ces véhicules, mais aussi par les difficultés liées à l’étroitesse de certaines rues du centre ancien, au manque de visibilité dans certains croisements et aux risques de conflits avec les piétons. Le document évoque également les accidents et troubles à l’ordre public pouvant être liés à leur utilisation.

Les trottoirs restent interdits

La première règle est claire : les trottinettes électriques ne peuvent pas circuler sur les trottoirs.

Le nouvel arrêté rappelle également plusieurs obligations prévues par le Code de la route. La conduite est interdite aux moins de 14 ans et l’utilisation est strictement personnelle : une seule personne peut prendre place sur l’engin.

Les utilisateurs doivent par ailleurs disposer d’une assurance responsabilité civile couvrant les dommages causés à autrui. La nuit, ou lorsque la visibilité est insuffisante, un équipement rétroréfléchissant est obligatoire. Le port du casque est recommandé en agglomération et devient obligatoire hors agglomération.

Les trottinettes doivent également être bridées à 25 km/h. Elles doivent être équipées d’un système de freinage, d’un avertisseur sonore, de feux avant et arrière ainsi que de dispositifs réfléchissants latéraux. L’utilisation d’écouteurs ou de tout appareil susceptible d’émettre du son est également interdite pendant la conduite.

Des règles renforcées dans le centre-ville

C’est dans le cœur de Carcassonne que les nouvelles dispositions sont particulièrement strictes.

Le centre-ville étant classé en zone 30, les trottinettes peuvent circuler sur la chaussée, mais leur vitesse est limitée à 10 km/h. La circulation sur les trottoirs reste totalement interdite.

Dans les rues et places piétonnes du centre-ville, les EDPM ne peuvent pas circuler. Les utilisateurs peuvent toutefois continuer à les emprunter en les tenant à la main, avec le moteur arrêté.

La Ville va encore plus loin dans plusieurs secteurs patrimoniaux très fréquentés. La circulation des trottinettes y est interdite, notamment dans l’ensemble des rues de la Cité médiévale intra-muros, sur la place du Prado, sur la rue du Pont-Vieux entre le boulevard Camille-Pelletan et le Pont-Vieux, ainsi que sur le Pont-Vieux. La rue Washington est également concernée pendant les périodes de piétonnisation.

Là encore, les utilisateurs peuvent traverser ces secteurs en tenant leur trottinette à la main, moteur arrêté.

Des amendes pouvant atteindre 1 500 euros

En agglomération, les conducteurs doivent privilégier les bandes et pistes cyclables lorsqu’elles existent. En leur absence, ils peuvent circuler sur les routes dont la vitesse maximale autorisée est inférieure ou égale à 50 km/h, toujours dans la limite de 25 km/h pour leur propre engin.

Hors agglomération, la circulation est uniquement autorisée sur les voies vertes et les pistes cyclables.

Le stationnement sur les trottoirs reste possible uniquement lorsqu’il ne gêne pas la circulation des piétons ou les emplacements réservés aux personnes à mobilité réduite.

La Ville rappelle enfin que le non-respect de ces règles peut entraîner des contraventions de quatrième ou cinquième classe, avec des amendes pouvant aller de 135 à 1 500 euros selon la nature de l’infraction. Le nouvel arrêté est entré en vigueur à compter de sa publication.

Avec ce nouveau texte, Carcassonne entend donc trouver un équilibre entre le développement des mobilités individuelles et la nécessité de préserver la sécurité des piétons, particulièrement dans les rues étroites du centre historique et autour des principaux sites touristiques.