Les images publiées par Benoît Schumann, dirigeant de Project Rescue Ocean, montrent une importante accumulation de déchets sauvages aux abords des autoroutes A9 et A75, dans le secteur de Béziers. Un constat qui pousse le responsable associatif à tirer une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur les comportements et leurs conséquences pour l’environnement.
Les photos ont été prises le 25 août. Elles montrent, en bordure des infrastructures routières, un paysage difficile à ignorer : bouteilles en plastique, canettes, emballages et autres déchets jonchent les espaces situés à proximité des chaussées.
Pour Benoît Schumann, ces images ne constituent pas simplement un problème esthétique. Elles sont avant tout un « message d’alerte », alors que les territoires sont confrontés à une multiplication des événements climatiques extrêmes et à une dégradation progressive de la biodiversité.
« Trop de déchets. Trop d’incivilités. Trop de comportements qui ne changent pas », dénonce-t-il dans une publication accompagnant les images.
« Si le comportement humain ne change pas, on n’y arrivera pas »
Depuis plusieurs années, Project Rescue Ocean mène des actions de sensibilisation à l’environnement, notamment auprès du grand public et des jeunes. L’association biterroise s’appuie désormais également sur de nouveaux outils numériques et sur l’intelligence artificielle pour tenter de faire évoluer les comportements.
Mais pour Benoît Schumann, la communication ne peut pas tout résoudre.
Selon les données de WeClean, 97 % des personnes interrogées se déclarent concernées par les questions environnementales. Pourtant, le constat réalisé sur le terrain reste préoccupant. 960 tonnes de déchets sauvages ont ainsi été recensées, selon les données avancées par l’application.
Le responsable associatif appelle donc à passer de la sensibilisation à l’action concrète.
Ne pas jeter, ramasser, signaler, sensibiliser ou encore montrer l’exemple font partie des gestes qu’il souhaite voir davantage se développer.
Des déchets qui peuvent finir dans la Méditerranée
Au-delà des abords des autoroutes, la problématique pose également la question du devenir de ces déchets.
Avec les pluies et le ruissellement, certains peuvent rejoindre les cours d’eau avant de terminer leur parcours dans la Méditerranée. Une situation qui inquiète notamment pour les conséquences sur les écosystèmes, mais aussi sur les professionnels de la mer.
« Ces déchets impactent ceux qui nous nourrissent », alerte Benoît Schumann, en référence notamment aux pêcheurs professionnels.
Pour Project Rescue Ocean, l’enjeu est donc de parvenir à réduire durablement les comportements responsables de ces dépôts sauvages plutôt que de simplement intervenir une fois les déchets accumulés.
L’association souhaite également encourager les entreprises, collectivités, mécènes et citoyens à s’engager davantage dans des actions concrètes.
« Moins de blabla, plus d’actions »
Dans son message, Benoît Schumann critique également le « greenwashing », qui consiste pour une organisation à se donner une image de responsabilité environnementale sans que les actions suivent réellement.
« Moins de blabla. Moins de greenwashing. Plus d’actions. Plus de preuves », résume-t-il.
À travers Project Rescue Ocean et WeClean, il entend ainsi défendre une approche davantage tournée vers le terrain et la mesure des résultats.
Les images prises aux abords de l’A9 et de l’A75 viennent en tout cas rappeler une réalité parfois peu visible depuis les routes : derrière les paysages et les infrastructures, des quantités considérables de déchets continuent de s’accumuler à quelques mètres seulement des automobilistes.




