La carte scolaire pour la rentrée 2026-2027 a été confirmée dans l’Aude avec 19 fermetures de postes et 3 ouvertures dans le premier degré. Une décision contestée par le Conseil départemental, qui appelle à revoir la copie avant septembre.

La future carte scolaire de l’Aude est désormais connue. Validée lors du dernier Conseil départemental de l’Éducation nationale (CDEN), qui a eu lieu ce mardi 14 avril, elle acte pour la rentrée 2026-2027 un total de 19 fermetures de postes et 3 ouvertures dans les écoles du département. Aucune modification n’a été apportée lors de cette ultime étape de concertation, confirmant ainsi les arbitrages déjà présentés ces dernières semaines.

Comme chaque année, ces décisions suscitent de vives réactions. Dans un territoire marqué par la ruralité, chaque fermeture de classe est perçue bien au-delà du seul cadre scolaire. Elle touche l’organisation des familles, l’attractivité des communes et l’équilibre de la vie locale. Cette fois, le Conseil départemental de l’Aude a officiellement affiché son opposition à la carte scolaire présentée par l’État.

Liste des fermetures et ouvertures de classes dans les écoles

Fermetures

Circo Carcassonne

  • EM Nougues Sire Montredon Carcassonne
  • EE Berthelot Carcassonne
  • EE dédoublé La Gravette

Circo Castelnaudary

  • EP Salsigne élé

Circo Limoux

  • EP Leuc élé
  • RPI Preixan / Rouffiac élé

Circo Lézignan Corbières

  • EP Puichéric élé
  • EP Malves / Bagnoles mat

Circo Narbonne 1

  • EM Mathieu Peyronne
  • EM La Fontaine
  • EE Montmorency
  • EP Bizanet élé
  • EE Gruissan
  • EP Portel des Corbières élé
  • EP Port La Nouvelle mat

Circo Narbonne 2

  • EP Armissan élé
  • EE Fleury élé
  • EP Mirepeisset élé
  • EE Vinassan

Ouvertures

  • EP Lavalette élé
  • EM Les Castors Carcassonne TPS
  • EM La Fontaine Narbonne TPS

Une baisse démographique qui divise

Pour justifier ces suppressions de postes, l’administration met en avant la baisse de 727 élèves attendue dans l’Aude. Une tendance démographique observée depuis plusieurs années, et qui conduit à revoir la répartition des moyens d’enseignement.

Mais pour le Département, cette lecture strictement comptable ne répond pas aux enjeux éducatifs du moment. Représentant la collectivité lors du CDEN, le vice-président Sébastien Gasparini a voté contre la future carte scolaire. Pour lui, la diminution des effectifs ne devrait pas être synonyme de suppressions, mais au contraire permettre d’améliorer les conditions d’apprentissage.

L’élu estime que cette évolution pourrait être l’occasion de réduire le nombre d’élèves par classe, de mieux accompagner les enfants en difficulté et de renforcer la qualité de l’enseignement dans les écoles publiques. Une vision partagée par de nombreux élus locaux, particulièrement dans les petites communes où les classes à plusieurs niveaux sont fréquentes.

Le Conseil départemental rappelle également le rôle central de l’école publique dans la cohésion territoriale. Au-delà de sa mission éducative, elle reste un facteur d’attractivité pour les villages et un levier d’égalité des chances entre zones urbaines et rurales.

Des ajustements encore espérés avant la rentrée

Si la collectivité s’oppose au projet global, elle reconnaît néanmoins la qualité du dialogue engagé ces derniers mois entre les services de l’État, le préfet de l’Aude et la direction académique. Le Département souligne que certaines situations locales ont été entendues, donnant lieu à des évolutions ou à des réexamens.

Parmi les dossiers cités figurent notamment les regroupements pédagogiques intercommunaux de Génerville et de Moux-Montbrun, ainsi que les écoles de Moussoulens et de Salsigne. Des exemples qui montrent, selon les élus, que des ajustements restent possibles lorsque les réalités du terrain sont prises en compte.

Le message adressé à l’État est donc double : opposition sur le fond, mais volonté de poursuivre les échanges. Le Département demande que les cas les plus sensibles puissent encore être étudiés d’ici la rentrée de septembre, afin d’éviter des fermetures jugées trop pénalisantes.

Dans l’Aude, la carte scolaire demeure chaque année un sujet hautement sensible. Car derrière les chiffres se jouent des questions concrètes : temps de trajet des enfants, maintien des services publics, attractivité résidentielle ou encore avenir des communes rurales.

À quelques mois de la rentrée, la mobilisation pourrait donc se poursuivre dans plusieurs territoires. Parents d’élèves, maires et élus locaux espèrent encore infléchir certaines décisions. Si la carte scolaire est validée administrativement, le débat, lui, est loin d’être clos.