À l’occasion d’une opération citoyenne organisée fin avril, le Département de l’Aude a mobilisé ses agents pour nettoyer les abords des routes. Résultat : plus de deux tonnes de déchets collectées en une seule journée.
Le constat reste préoccupant. Malgré les campagnes de sensibilisation, les déchets continuent de s’accumuler le long des routes audoises. Mercredi 29 avril 2026, une opération de nettoyage d’envergure a permis de mesurer l’ampleur du phénomène : plus de deux tonnes de détritus ont été ramassées sur l’ensemble du territoire.
Au total, 35 agents de la Direction des routes et des mobilités du Département ont été mobilisés pour cette journée citoyenne, organisée sur plusieurs secteurs. Une action ponctuelle, mais aussi symbolique, destinée à alerter sur les incivilités persistantes.
Une mobilisation sur tout le territoire
De Carcassonne au Narbonnais, en passant par la Haute-Vallée ou le Lauragais, les équipes sont intervenues sur de nombreux axes départementaux. Le secteur le plus touché reste le Narbonnais, avec 950 kg de déchets collectés, dont 550 kg à Sigean et 400 kg à Narbonne.
Dans le Carcassonnais, ce sont 160 kg qui ont été ramassés, notamment autour de la rocade et de l’aire de Béragne à Trèbes. D’autres zones ont également été concernées : 280 kg dans les Corbières-Minervois, 380 kg dans la Haute-Vallée et encore 280 kg dans le Lauragais.
Cette opération a été menée en partenariat avec le Covaldem 11, chargé de la collecte et du traitement des déchets, ainsi qu’avec l’association Force Nature 11, engagée dans la préservation des espaces naturels.
Pour Muriel Cherrier, vice-présidente du Département déléguée aux routes, l’objectif est clair : « marquer le coup avec une action visible », même si ces opérations de nettoyage sont réalisées tout au long de l’année par les agents.
Mégots et protoxyde d’azote : des déchets préoccupants
Parmi les déchets les plus fréquemment retrouvés, les mégots de cigarettes restent en tête. Un geste banal, mais aux conséquences lourdes, notamment en période estivale. Dans un département régulièrement touché par la sécheresse, ils représentent un risque réel de départ de feu.
Autre phénomène en forte progression : les bouteilles de protoxyde d’azote, utilisées comme gaz hilarant. Les services départementaux en ont ramassé plus de 2 000 en une seule année le long des routes.
Un chiffre qui inquiète à plusieurs niveaux : sanitaire, sécuritaire, mais aussi environnemental. Leur recyclage s’avère en effet complexe et coûteux, ajoutant une charge supplémentaire pour les collectivités.
Sensibiliser face aux incivilités
Au-delà du nettoyage, cette journée visait avant tout à sensibiliser les usagers de la route. Car ces déchets sont le résultat direct de comportements inciviques : jets par la fenêtre, dépôts sauvages ou abandon d’objets en bord de route.
Rappel important : ces pratiques sont passibles d’amendes pouvant aller jusqu’à 1 500 euros.
Le Département insiste également sur les conséquences environnementales de ces gestes. Outre la pollution visuelle, ces déchets impactent les sols, la faune et la flore, et peuvent perturber les écosystèmes locaux.
Si cette journée du 29 avril a permis de mettre en lumière l’ampleur du problème, elle ne représente qu’une partie du travail réalisé. Tout au long de l’année, les agents interviennent sur les bords de routes, les ronds-points ou encore les aires de covoiturage pour assurer l’entretien des espaces.
Un travail indispensable, à la fois pour la sécurité des usagers et pour la préservation de l’environnement.
Mais pour les élus comme pour les agents de terrain, la solution passe avant tout par un changement de comportement. Car sans prise de conscience collective, ces opérations risquent de se répéter… encore et encore.
Deux tonnes en une journée : un chiffre qui interpelle, et qui rappelle que la propreté des routes dépend aussi de chacun.



