Réuni à La Palme, le Bureau syndical du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée a installé sa nouvelle gouvernance. Une organisation renouvelée qui entend répondre aux grands enjeux environnementaux, agricoles et climatiques du territoire, avec notamment la création d’une vice-présidence dédiée au risque incendie.

C’est dans la commune de La Palme que les élus du Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée se sont réunis ce mardi 2 juin pour installer officiellement la nouvelle gouvernance de l’institution. Accueillie par le maire Lionel Galinié, cette réunion a marqué le début d’un nouveau mandat placé sous le signe de l’adaptation aux défis environnementaux et climatiques qui touchent de plus en plus fortement le territoire.

Autour du président Didier Codorniou, les membres du Bureau syndical ont désigné les huit vice-présidents qui auront la responsabilité de piloter les grandes politiques du Parc au cours des prochaines années. Une organisation destinée à accompagner la mise en œuvre de la Charte du territoire et à renforcer l’action du Parc sur le terrain.

Un territoire unique en Méditerranée

Créé en 2003, le Parc naturel régional de la Narbonnaise en Méditerranée couvre près de 80 000 hectares au cœur de l’Aude. Il rassemble un ensemble remarquable de paysages méditerranéens mêlant lagunes, étangs, littoral, massifs calcaires, vignobles et garrigues. Véritable écrin de biodiversité, il constitue l’un des derniers grands espaces naturels préservés du littoral méditerranéen français.

Le Parc regroupe aujourd’hui 21 communes classées et plusieurs collectivités partenaires. Sa mission consiste à concilier préservation de l’environnement, développement économique, activités agricoles, tourisme et qualité de vie des habitants.

Cette recherche permanente d’équilibre se retrouve dans les différentes délégations confiées aux vice-présidences nouvellement installées.

Biodiversité, agriculture et ressources en eau au cœur des priorités

Lors de cette réunion, les élus ont présenté les feuilles de route qui structureront l’action du Parc pour les années à venir.

Parmi les grandes thématiques figurent naturellement la biodiversité, enjeu majeur dans un territoire qui abrite plusieurs centaines d’espèces d’oiseaux et une richesse écologique reconnue à l’échelle nationale et internationale.

L’agriculture occupe également une place centrale. Dans la Narbonnaise, viticulture, élevage et productions locales participent fortement à l’identité du territoire. Le Parc travaille depuis de nombreuses années avec les agriculteurs afin de concilier activité économique et préservation des ressources naturelles.

La gestion de l’eau et l’adaptation au changement climatique constituent un autre axe stratégique. Face à la multiplication des épisodes de sécheresse et aux tensions sur la ressource, le territoire est particulièrement concerné par les enjeux de sobriété, de résilience et de préservation des milieux naturels.

Les questions liées à l’aménagement du territoire, à la concertation avec les acteurs locaux et au dialogue entre les différents usages figurent également parmi les priorités affichées de ce nouveau mandat.

Une nouvelle vice-présidence dédiée au risque incendie

La principale nouveauté de cette gouvernance réside dans la création d’une vice-présidence spécifiquement consacrée au risque incendie.

Une décision qui illustre les préoccupations croissantes liées aux conséquences du changement climatique sur le territoire méditerranéen. Ces dernières années, les épisodes de sécheresse prolongée, les fortes chaleurs et les vents violents ont considérablement accru la vulnérabilité des espaces naturels face aux départs de feu.

L’Aude a en effet été durement frappée durant l’été 2025 par le mégafeu des Corbières, considéré comme l’un des plus importants incendies survenus sur le littoral méditerranéen français depuis plusieurs décennies. Déclenché dans le secteur de Ribaute, le sinistre avait parcouru près de 17 000 hectares à travers seize communes du massif des Corbières, provoquant d’importants dégâts environnementaux, des évacuations de population et la mobilisation de milliers de sapeurs-pompiers.

Cet incendie hors norme a rappelé avec force la vulnérabilité des espaces naturels audois face à la combinaison de la sécheresse, des fortes chaleurs et des vents violents.

Dans un territoire où les massifs forestiers, les garrigues et les zones naturelles occupent une place importante, la prévention des incendies est devenue un enjeu majeur de sécurité mais aussi de protection de la biodiversité et des activités humaines.

Cette nouvelle délégation aura notamment pour mission de renforcer les actions de sensibilisation, de prévention et d’accompagnement des collectivités dans l’adaptation aux risques futurs.

Une feuille de route tournée vers l’avenir

À l’occasion de cette installation, Didier Codorniou a salué l’engagement des élus et le travail des équipes techniques du Parc, dirigées par sa directrice Céline Paya.

Alors que le Parc poursuit le travail engagé autour du renouvellement de sa Charte et de la définition de ses orientations à long terme, cette nouvelle gouvernance devra accompagner les mutations du territoire tout en préservant ce qui fait sa richesse : ses paysages, sa biodiversité, ses activités traditionnelles et son identité méditerranéenne.

Face aux défis climatiques, à la pression sur les ressources naturelles et aux attentes des habitants, le Parc naturel régional de la Narbonnaise entend ainsi poursuivre son rôle de laboratoire territorial au service d’un développement durable et équilibré de la côte audoise.