La Région Occitanie franchit une nouvelle étape dans sa stratégie énergétique. Réunis en assemblée plénière le 4 juin, les élus régionaux ont adopté un vaste plan baptisé « Occitanie Résiliente Énergie », doté de 570 millions d’euros sur les cinq prochaines années. Objectif : accélérer la transition énergétique, réduire la dépendance aux énergies fossiles et soutenir le pouvoir d’achat des habitants.

Dix ans après le lancement de la stratégie REPOS (Région à Énergie Positive), la Région Occitanie entend poursuivre sa transformation énergétique. À l’occasion de la dernière assemblée plénière, la présidente Carole Delga a présenté une nouvelle feuille de route qui mobilisera 570 millions d’euros d’ici 2030.

« Plus d’un demi-milliard d’euros sera mobilisé sur la transition énergétique dans les cinq prochaines années », a souligné la présidente de Région, évoquant un projet à la fois écologique, économique et industriel.

Cette nouvelle étape intervient dans un contexte marqué par la hausse durable des prix de l’énergie, les tensions géopolitiques internationales et la multiplication des épisodes climatiques extrêmes. Pour l’exécutif régional, l’enjeu est désormais de gagner en souveraineté énergétique tout en protégeant les ménages et les entreprises.

Une région déjà en avance sur les énergies renouvelables

Depuis 2016, plus d’un milliard d’euros ont déjà été investis par la Région dans les énergies renouvelables, la rénovation énergétique des bâtiments et les transports décarbonés.

Aujourd’hui, l’Occitanie est devenue la région française dont la consommation électrique est la plus largement couverte par la production d’énergies renouvelables. Une position que la collectivité souhaite conforter.

Le nouveau plan prévoit notamment une accélération du développement du photovoltaïque. Les objectifs de puissance installée seront revus à la hausse avec 8 gigawatts visés dès 2030, contre 7 initialement prévus, puis 13 gigawatts à l’horizon 2035. Le développement des installations sur les bâtiments agricoles figurera parmi les priorités.

Autre axe majeur : l’éolien flottant. Déjà au cœur de la stratégie énergétique régionale autour de Port-La Nouvelle, cette filière devrait connaître un nouvel essor avec un objectif porté à 2 gigawatts installés en 2035. La Région prévoit notamment un accompagnement de la filière industrielle en cours de structuration autour du port audois.

Rénover les logements pour réduire les factures

L’un des volets les plus concrets du programme concerne l’habitat.

La Région prévoit d’investir 70 millions d’euros dans la rénovation énergétique du parc social entre 2026 et 2034. L’objectif affiché est d’améliorer le confort thermique de milliers de logements et de réduire les dépenses énergétiques de près de 50 000 habitants. Plus de 2 000 logements sont déjà identifiés dans une première phase du programme.

Le dispositif Rénov’Occitanie Copropriétés sera également renforcé avec un objectif de 500 copropriétés rénovées d’ici 2030. Chaque année, près de 30 millions d’euros de travaux pourraient ainsi être générés pour les entreprises du bâtiment.

La lutte contre la précarité énergétique figure aussi parmi les priorités, avec un soutien accru aux associations spécialisées dans l’accompagnement des ménages les plus fragiles.

Voitures électriques, trains et nouvelles mobilités

La question des transports occupe également une place centrale dans cette nouvelle stratégie.

La Région va lancer un nouvel écochèque de 1 600 euros destiné à faciliter l’achat de voitures électriques d’occasion pour les ménages modestes. Une mesure qui vise à rendre la mobilité électrique plus accessible tout en limitant les émissions de gaz à effet de serre.

Sur le rail, 18 nouvelles rames Régio 2N à deux niveaux viendront renforcer le réseau liO afin d’augmenter la capacité des trains régionaux et d’encourager les déplacements du quotidien.

L’Occitanie poursuivra également ses expérimentations autour des trains à hydrogène, notamment sur la ligne Montréjeau-Luchon, avec l’ambition de décarboner progressivement les lignes non électrifiées.

Hydrogène, industrie et emplois d’avenir

Au-delà de la transition écologique, la Région met en avant un véritable projet industriel.

L’hydrogène vert constitue l’un des piliers de cette stratégie. L’Occitanie souhaite structurer l’ensemble de la filière, depuis la recherche jusqu’aux usages industriels. Un projet de canalisation reliant le Rhône à l’Atlantique et intégrant Port-La Nouvelle est notamment évoqué à l’horizon 2035.

La Région prévoit également la création d’un fonds de 100 millions d’euros destiné à accompagner les PME dans l’électrification de leurs outils de production et dans le recours à l’hydrogène vert pour certains secteurs fortement consommateurs d’énergie.

Les lycées régionaux bénéficieront eux aussi d’investissements importants. Pas moins de 240 millions d’euros seront consacrés à l’amélioration énergétique des bâtiments, notamment à travers le remplacement progressif des chaufferies au gaz par des solutions biomasse ou géothermiques.

Enfin, la Région mise sur la formation pour accompagner cette mutation. Près de 15 000 demandeurs d’emploi devraient être formés aux métiers liés à la transition énergétique d’ici 2030. Le dispositif Revenu écologique jeunes sera lui aussi renforcé pour accompagner davantage de jeunes vers ces secteurs d’avenir.

Un choix politique assumé

Le rapport a été adopté par la majorité régionale mais a suscité des oppositions. Le Rassemblement national a voté contre le texte, à l’exception des mesures liées à la méthanisation. Le groupe Occitanie Courageuse s’y est également opposé tandis que le groupe Nous Occitanie s’est abstenu.

Pour Carole Delga, cette stratégie représente néanmoins un investissement indispensable pour l’avenir du territoire.

« Ces investissements sont essentiels pour le climat, mais aussi pour l’emploi, la réindustrialisation et l’indépendance énergétique de notre territoire », a-t-elle déclaré.

À travers ce nouveau programme, l’Occitanie entend confirmer son rôle de laboratoire national de la transition énergétique et poursuivre son ambition de devenir la première région européenne à énergie positive.