Un an après le méga-feu qui avait ravagé les Corbières en août 2025, le Département de l’Aude dévoile le résultat des « écoutes territoriales » menées auprès des habitants et acteurs locaux. Un travail destiné à mieux comprendre comment le territoire a vécu la catastrophe, mais aussi à réfléchir à son avenir.
Comment les habitants ont-ils vécu l’incendie ? Qu’a-t-il changé dans leur perception des Corbières ? Et surtout, comment continuer à vivre, travailler et agir ensemble sur un territoire marqué par les flammes ?
Ce sont les questions auxquelles le Département de l’Aude a souhaité répondre avec les « écoutes territoriales », lancées après le méga-feu d’août 2025, surnommé depuis « l’Ogre des Corbières ». La démarche s’inscrit dans le plan départemental d’habitabilité « La force de renaître ».
64 entretiens et plus de 120 personnes rencontrées
Menée entre décembre 2025 et janvier 2026, cette démarche avait pour thème « Habiter, travailler, agir ensemble… pour renaître ».
Huit écoutants mandatés par l’Union nationale des acteurs du développement local (Unadel) et son réseau régional, Territoires et citoyens en Occitanie, ont réalisé 64 entretiens individuels et collectifs auprès de plus de 120 personnes.
Les échanges ont porté sur le vécu de l’incendie, mais aussi sur plusieurs grands enjeux qui dépassent la seule question de la reconstruction après le feu : la gestion de l’eau, l’évolution des activités agricoles, le tourisme, le développement des énergies renouvelables ou encore la gestion des milieux naturels et des paysages. Une rencontre ouverte a également été organisée à Coustouge, avant une restitution à Saint-Laurent-de-la-Cabrerisse le 7 avril dernier.
Le résultat de cette démarche est un « portrait sensible » des Corbières. Le document croise la parole des habitants avec le regard extérieur des écoutants pour dresser un état des lieux du territoire, de ses fragilités et de ses perspectives.
De l’angoisse à l’envie de reconstruire
Les témoignages recueillis font apparaître des sentiments contrastés. Dans un premier temps, les habitants ont largement exprimé l’angoisse, la colère et la tristesse provoquées par l’incendie.
Mais derrière le traumatisme apparaît également un attachement très fort aux Corbières et une volonté de continuer à y vivre. Les échanges font ressortir une conscience partagée des vulnérabilités du territoire, mais aussi la nécessité de construire collectivement des réponses pour l’avenir.
Le Département insiste ainsi sur l’idée de « faire ensemble ». Le document met en avant une véritable « intelligence collective du territoire », nourrie par les connaissances et l’expérience des habitants eux-mêmes.
Pour Hélène Sandragné, présidente du conseil départemental, ce travail ne constitue pas une conclusion. Il doit au contraire servir d’étape pour alimenter le plan « La force de renaître », mais aussi les travaux menés avec la Région et l’État et le contrat de territoire signé à l’occasion de la date anniversaire de l’incendie.
Le portrait sensible est désormais accessible en ligne sur le site du Département. Il a également été transmis aux personnes ayant participé aux échanges ainsi qu’aux communes concernées.
Un an après « l’Ogre des Corbières », ce travail donne ainsi la parole à celles et ceux qui vivent sur ce territoire et pose une question essentielle : comment transformer l’épreuve de l’incendie en une réflexion collective sur l’avenir des Corbières ?




