Après plusieurs jours de mobilisation des pêcheurs méditerranéens, Catherine Chabaud s’est rendue ce lundi à Sète puis au Grau-du-Roi. La ministre déléguée chargée de la Mer et de la Pêche est venue poursuivre le dialogue avec les professionnels et tenter d’apporter des réponses à une crise qui dépasse largement la seule question du carburant.
À Sète, poursuivre le dialogue avec les pêcheurs
La première étape de la journée s’est déroulée à la criée de Sète, où Catherine Chabaud a échangé avec une soixantaine de pêcheurs. Plusieurs d’entre eux faisaient déjà partie de la délégation reçue jeudi dernier au ministère, après plusieurs jours de mobilisation sur les ports et les dépôts pétroliers du littoral méditerranéen.
Les discussions ont permis d’entrer davantage dans le détail des difficultés rencontrées par les professionnels. Le prix du gazole reste au cœur des inquiétudes, mais les pêcheurs évoquent également les quotas de thon rouge, les contraintes administratives et surtout les règles européennes encadrant le chalutage en Méditerranée.
Le plan West Med concentre ainsi une grande partie des critiques. Les professionnels contestent notamment la limitation à 100 sorties en mer par an et certaines règles concernant les maillages des filets.
À l’issue de la rencontre sétoise, l’idée d’un travail associant professionnels, scientifiques et services de l’État s’est dégagée afin d’examiner une évolution du plan West Med. Des discussions doivent également se poursuivre autour de nouvelles autorisations de pêche du thon rouge.
Au Grau-du-Roi, la ministre reconnaît les difficultés du modèle actuel
Catherine Chabaud s’est ensuite rendue au Grau-du-Roi, dans le Gard, où elle a de nouveau rencontré les professionnels. Sur place, elle a dressé un constat plus large de la situation.
Pour la ministre, le carburant constitue « la goutte qui a fait déborder le vase », mais il ne résume pas à lui seul les difficultés actuelles. Elle a ainsi évoqué les trésoreries fragilisées des entreprises et les conséquences économiques des mesures de gestion du plan West Med.
Selon ses déclarations au Grau-du-Roi, certains professionnels ont constaté jusqu’à 30 % de baisse de leur chiffre d’affaires en raison de ces mesures.
Catherine Chabaud a surtout reconnu que le dispositif actuel devait évoluer. « Ce plan West Med, il n’est pas adapté », a-t-elle déclaré, annonçant des rendez-vous avec les pêcheurs, la Région et la Commission européenne pour travailler sur son avenir.
La ministre a également parlé de la nécessité de construire « une espèce de plan de sauvegarde de la pêche en Méditerranée », afin d’aider les professionnels à traverser la période actuelle et de préparer la suite.
Des aides pour le carburant et les trésoreries
Sur le volet financier, plusieurs mesures avaient déjà été annoncées jeudi dernier et ont été rappelées lors de cette journée de terrain.
L’aide destinée à compenser une partie du surcoût du carburant est prolongée jusqu’à la fin de l’année, avec une prise en charge pouvant atteindre 70 % du surcoût et un montant porté à 35 centimes par litre dans le cadre annoncé par le gouvernement.
La ministre a également indiqué que le guichet permettant de traiter les aides concernant les mois précédents devait ouvrir cette semaine, avec des règlements annoncés dans les quinze jours.
Autre dispositif : un prêt à taux zéro destiné à permettre aux entreprises de pêche confrontées à des difficultés de trésorerie de passer ce cap.
Mais le gouvernement ne présente pas ces mesures comme une réponse définitive. L’objectif affiché est désormais de travailler sur les difficultés structurelles de la pêche méditerranéenne, notamment le cadre européen.
Le thon rouge reste également un dossier sensible. Les pêcheurs méditerranéens réclament davantage de possibilités de pêche et de nouvelles autorisations. Cinq licences supplémentaires avaient été annoncées jeudi.
Après cette journée à Sète et au Grau-du-Roi, le dossier entre donc dans une nouvelle phase : les aides doivent permettre aux professionnels de tenir à court terme, tandis que les discussions avec les pêcheurs, les scientifiques, la Région et Bruxelles doivent désormais déterminer comment faire évoluer les règles qui encadrent leur activité.




