Après un premier tour marqué par une abstention élevée, quatorze communes de l’Aude retournent aux urnes dimanche pour départager les listes encore en lice. Dans plusieurs villes, quelques centaines voire dizaine de voix pourraient suffire à faire basculer le résultat.

Les candidatures du second tour sont officiellement déposées. Dimanche prochain, les électeurs de quatorze communes audoises sont de nouveau appelés aux urnes pour ces élections municipales. Parmi elles figurent Narbonne, Carcassonne, Lézignan-Corbières, Leucate ou encore Quillan, mais aussi Saint-André-de-Roquelongue, Razés, Rieux-Minervois, Capendu, Roquefort-des-Corbières, Montolieu, Moux, Montséret ou encore Belcaire. 34 listes sont en course.

Dans ces villes, le premier tour n’a pas permis de dégager de majorité claire. Les listes qualifiées disposent donc de quelques jours pour convaincre les électeurs encore indécis… et surtout tenter de faire revenir aux urnes ceux qui se sont abstenus.

L’abstention au cœur de l’équation

Comme dans de nombreuses communes en France, la participation s’est révélée en net recul lors du premier tour. Dans certains bureaux de vote, plus d’un électeur sur deux ne s’est pas déplacé.

Cette abstention s’explique par plusieurs facteurs. D’abord, un sentiment de distance ou de méfiance vis-à-vis de la politique, qui touche particulièrement les scrutins locaux quand les électeurs ont l’impression que les enjeux sont moins visibles ou que les résultats sont joués d’avance. Elle est aussi plus forte dans certaines catégories de la population, notamment chez les plus jeunes ou dans les grandes villes, où la participation est souvent plus faible que dans les communes rurales.

Cette abstention élevée pourrait jouer un rôle déterminant au second tour. Dans plusieurs communes, l’écart entre les listes qualifiées est relativement faible : quelques dizaines ou centaines de voix pourraient suffire à inverser l’issue du scrutin. C’est particulièrement vrai dans l’Aude cette année, où plusieurs villes se retrouvent au second tour dans des configurations serrées.

Face à ce contexte, les équipes encore en lice vont multiplier les opérations de terrain : porte-à-porte, réunions publiques et présence sur les marchés. L’objectif est clair : mobiliser les abstentionnistes.

Plusieurs observateurs locaux notent également que certains quartiers ou hameaux se sont peu exprimés lors du premier tour. Les candidats cherchent désormais à y porter davantage leurs messages, en mettant en avant les questions de proximité : cadre de vie, services publics locaux, urbanisme ou encore dynamisation économique.

Des enjeux différents selon les communes

Les situations restent très contrastées selon les territoires. Dans des villes comme Narbonne, Carcassonne ou Lézignan-Corbières, les enjeux concernent notamment les grandes orientations urbaines et économiques.

À Narbonne, le premier tour a laissé une impression d’élection presque jouée… sans toutefois livrer son verdict définitif. Le maire sortant Bertrand Malquier a frôlé l’élection dès le premier tour en atteignant pile 50 % des suffrages, à une seule voix près de la majorité absolue. Un résultat solide mais qui l’oblige malgré tout à repartir en campagne pour un second tour inattendu. Derrière lui, la liste de Frédéric Falcon pour le Rassemblement national s’installe en deuxième position, espérant profiter d’un éventuel sursaut de participation dans une ville marquée par une forte abstention (45,22%). La liste de la gauche unie de Nicolas Sainte-Cluque a fait un score clairement décevant alors qu’elle espérait être une véritable alternative municipale. Elle aborde le second tour en position délicate, avec l’enjeu de mobiliser davantage son électorat, d’aller dans les quartiers les plus populaires et de convaincre les abstentionnistes pour peser dans la triangulaire.

À Carcassonne, le premier tour a profondément rebattu les cartes du paysage politique local. Arrivé en tête, Christophe Barthès se qualifie pour le second tour face à François Mourad et Alix Soler-Alcaraz, dans une triangulaire qui s’annonce ouverte. La principale surprise est venue de la quatrième place du maire sortant Gérard Larrat. Ce dernier a rapidement annoncé son retrait de la course, mettant fin à plusieurs années à la tête de la municipalité. Dans une ville marquée elle aussi par une participation limitée (40,66% d’abstention), l’enjeu du second tour sera désormais de savoir vers qui se reporteront les électeurs du maire sortant et si la mobilisation des abstentionnistes peut encore modifier l’équilibre des forces.

Dans des communes plus petites comme Roquefort-des-Corbières, Montséret, Moux ou Saint-André-de-Roquelongue, le scrutin repose davantage sur des projets très concrets du quotidien et sur la proximité entre candidats et habitants.

Au-delà des rapports de force politiques, ce second tour pourrait surtout rappeler l’importance de la participation citoyenne à l’échelle locale. Dans plusieurs communes, la mobilisation des électeurs qui ne se sont pas exprimés au premier tour pourrait bien être la clé du résultat final.

Verdict dimanche soir, à l’issue du dépouillement.