Près de 500 collégiens du département ont participé à une enquête sur leur santé et leurs habitudes de vie. Présentés au collège des Fontanilles à Castelnaudary, les résultats mettent en lumière les attentes des jeunes sur des sujets sensibles comme la sexualité, la santé mentale ou encore la pratique sportive.

Que pensent vraiment les collégiens de leur santé, de leur quotidien ou de leurs relations ? Pour mieux comprendre la réalité des jeunes âgés de 11 à 15 ans, le Département de l’Aude a mené une enquête inédite auprès d’environ 500 élèves, en partenariat avec des étudiants du master « Métiers des études et du conseil » de la faculté de droit et de science politique de Montpellier.

Les résultats de ce questionnaire, diffusé à l’automne dernier dans plusieurs établissements et via les espaces numériques de travail, ont été présentés le 10 mars au collège Les Fontanilles à Castelnaudary, en présence d’élus, d’enseignants et d’une soixantaine de collégiens.

Pour Sébastien Gasparini, vice-président du conseil départemental en charge de l’éducation et des collèges, l’objectif est clair : « Qui mieux que vous pour parler de vous ? », a-t-il lancé aux élèves lors de la restitution, rappelant que ce type d’enquête doit permettre d’adapter les politiques publiques aux besoins des jeunes.

Sexualité et puberté, des sujets encore tabous

Parmi les thèmes abordés dans l’étude, la vie affective et sexuelle occupe une place importante. Les réponses montrent que certains sujets restent mal connus des élèves. Plus d’un garçon sur deux considère encore les menstruations comme un sujet gênant ou embarrassant, tandis que 40 % des élèves de 6e ne savent pas se positionner sur cette question.

Le manque d’information concerne également le consentement : près de 40 % des élèves de 6e estiment ne pas être suffisamment informés sur ce thème.

Autre sujet sensible, la circulation de photos intimes entre adolescents. Dans certains établissements, comme le collège Joseph-Anglade à Lézignan-Corbières, un tiers des élèves affirme avoir déjà vu des « nudes » circuler.

Face à ces constats, plusieurs pistes sont avancées : aborder plus tôt la puberté et les règles avec tous les élèves, renforcer les séances de prévention sur le consentement, la contraception et les infections sexuellement transmissibles, et privilégier des temps d’échange en petits groupes avec des intervenants spécialisés.

Sport, alimentation et santé mentale

La santé physique et mentale des collégiens a également été analysée. Plus de 80 % des élèves interrogés souhaitent pouvoir pratiquer une activité sportive durant la pause méridienne.

Les résultats mettent aussi en évidence le souhait de certains élèves de pratiquer le sport dans des groupes non mixtes. Parmi ceux qui le demandent, près de la moitié sont des filles, qui évoquent la pression ou les remarques de certains garçons pendant les activités sportives.

L’enquête révèle par ailleurs un manque de connaissance sur les troubles du comportement alimentaire : 25 % des élèves ne savent pas ce qu’est l’anorexie et 32 % ignorent la définition de la boulimie.

Enfin, la santé mentale apparaît comme une préoccupation croissante. L’automutilation est connue par une majorité de collégiens, et plus d’un tiers des élèves de 4e et 3e déclarent connaître une personne de leur entourage qui se fait du mal.

Des pistes pour améliorer le climat scolaire

À partir de ces résultats, plusieurs recommandations ont été formulées. Parmi elles : la création d’un « journal mensuel du climat scolaire », coécrit par élèves et adultes, afin de suivre les préoccupations et tensions au sein des établissements. Une veille interne associant personnel médical, conseillers principaux d’éducation et enseignants pourrait également permettre de repérer plus rapidement les signaux d’alerte.

Cette enquête s’inscrit dans la Quinzaine de l’égalité et de la diversité organisée par le Département du 6 au 20 mars. Elle pourrait surtout servir de base à de nouvelles actions dans les collèges du territoire.

Une démarche qui part d’un principe simple : écouter les adolescents pour mieux répondre à leurs besoins.