Après plusieurs années de travaux et de procédures administratives, la Ville a officiellement dévoilé ce mardi le vaste réaménagement de la rive gauche du canal de la Robine, entre le Théâtre Scène nationale et le pont de l’autoroute. Un projet de 4,6 millions d’euros qui transforme profondément l’entrée Est de la ville et redonne toute sa place à ce joyau classé au patrimoine mondial de l’UNESCO.
Une nouvelle promenade urbaine entre nature et mobilités douces
Désormais, les promeneurs peuvent parcourir plus de 800 mètres de berges entièrement réaménagées le long du canal de la Robine. Depuis le parking mutualisé situé derrière le Théâtre + Cinéma jusqu’au pont de l’autoroute, la Ville de Narbonne a voulu créer un véritable espace de respiration au cœur de l’entrée Est de la commune.
Pour le maire Bertrand Malquier, ce chantier s’inscrit dans une réflexion globale autour des déplacements et de l’attractivité du secteur : « Nous avons voulu créer une atmosphère qui facilite les déambulations, les promenades, la mixité de circulation », a-t-il expliqué lors de l’inauguration.
Le projet vise notamment à renforcer les mobilités douces et à relier plus harmonieusement plusieurs équipements majeurs de la ville : le Théâtre Scène nationale, le musée Narbo Via, le parc des expositions, le stade ou encore l’Arena.
Concrètement, le quai a été élargi afin de permettre une meilleure cohabitation entre piétons, cyclistes et promeneurs. Deux espaces distincts ont été aménagés : une « bande active », plus urbanisée et éclairée, dédiée aux déplacements doux, et un chemin de halage conservant un aspect plus naturel et patrimonial.
« Nous nous sommes tournés vers ce que Narbonne a de plus précieux, cette mémoire vivante qu’est la Robine », a également souligné Bertrand Malquier.
Un chantier complexe au cœur d’un site classé UNESCO
Si les travaux ont parfois suscité impatience et interrogations, c’est notamment parce que le projet a dû répondre à de nombreuses contraintes environnementales et patrimoniales. Le canal de la Robine étant inscrit au patrimoine mondial de l’UNESCO, chaque intervention a nécessité des autorisations spécifiques.
Le chantier a ainsi mobilisé plusieurs années de procédures administratives avec permis d’aménager, autorisations ministérielles et arrêtés préfectoraux liés à la protection des espèces. Les travaux ont également été réalisés sous la supervision d’écologues chargés de préserver la faune locale.
L’un des enjeux majeurs concernait la consolidation des berges, fragilisées depuis plusieurs années par l’érosion. À terme, leur dégradation risquait même de compromettre l’utilisation du chemin de halage.
Les équipes ont également procédé au renouvellement des réseaux et à une importante opération de végétalisation. Plusieurs arbres atteints ou menacés par le chancre coloré ont été remplacés par des essences locales plus résistantes comme des érables, des peupliers ou des chênes.
L’objectif affiché par la municipalité est aussi environnemental. « On désimperméabilise les sols puis on végétalise avec des plants qui nécessitent le minimum d’eau possible », a détaillé le maire de Narbonne.
Cette logique de renaturation devrait d’ailleurs se poursuivre avec le futur écopark de Creissel autour du parc des expositions.
Une entrée de ville totalement repensée
Le réaménagement des berges ne constitue qu’une partie d’un projet plus large de requalification de l’entrée Est de Narbonne. Le parking mutualisé réalisé entre le théâtre et Narbo Via permet déjà une meilleure connexion entre le centre-ville et ce secteur culturel et événementiel en plein développement.
Au total, ce sont 4,6 millions d’euros qui ont été investis par la Ville dans le cadre de cette convention globale d’aménagement. Plusieurs partenaires institutionnels ont participé au financement : la Région Occitanie, l’État, le Département de l’Aude, le Grand Narbonne ainsi que Voies navigables de France.
Lors de l’inauguration, Magali Vergnes a salué « une très belle réussite » sur un secteur autrefois peu valorisé. « C’était dangereux, dégueulasse et ne ressemblait à rien », a-t-elle lancé avec franchise avant d’ajouter : « Aujourd’hui, on se retrouve avec un petit bijou sur cet endroit stratégique. »
Même constat du côté du sous-préfet Thierry Mailles qui a insisté sur la difficulté du dossier : « Pour faire 800 mètres, il a fallu dépenser beaucoup d’énergies. »
Une péniche restaurant attendue fin 2026
Mais l’histoire des berges de la Robine ne s’arrête pas là. Le secteur doit encore accueillir dans les prochains mois un projet particulièrement attendu : une péniche restaurant qui viendra s’amarrer au bord du canal.
Le porteur du projet, sélectionné à la suite d’un appel à projets lancé par Voies navigables de France, a confirmé lors de l’inauguration que le chantier avançait malgré plusieurs retards administratifs. L’ouverture est désormais envisagée pour Noël 2026.
La péniche pourrait proposer à la fois un espace de restauration et cinq chambres d’hôtes de 16 m² pour des nuitées insolites sur le canal.
À plus long terme, une navette fluviale reliant Narbo Via à l’hyper-centre est également envisagée, même si le projet ne devrait pas voir le jour avant le printemps 2027.
Avec cette promenade urbaine, Narbonne redonne aujourd’hui une place centrale à son canal classé UNESCO et poursuit sa transformation autour d’un axe mêlant patrimoine, nature et nouvelles mobilités.




