Face au vieillissement de la population agricole et aux nombreuses exploitations en quête d’un repreneur, la Région Occitanie poursuit son engagement en faveur du renouvellement des générations. Réunis en commission permanente le 3 juillet, les élus régionaux ont voté une enveloppe de 1,3 million d’euros destinée à accompagner l’installation de nouveaux agriculteurs et à faciliter la transmission des exploitations. Une mesure qui s’inscrit dans une stratégie plus large, dotée de plus de 38 millions d’euros sur la période 2023-2027.

Avec plus de 165 000 emplois liés à l’agriculture, l’Occitanie demeure l’une des principales régions agricoles françaises. Mais derrière cette vitalité se cache un défi de taille : assurer la relève. Une grande partie des exploitants approche aujourd’hui de l’âge de la retraite et le remplacement n’est pas systématique. Selon la Région, près de la moitié des chefs d’exploitation partiront à la retraite dans les dix prochaines années, tandis que quatre départs sur dix ne trouvent pas de successeur.

Pour répondre à cet enjeu, la collectivité régionale a fait du renouvellement des générations l’une des priorités de sa stratégie agricole adoptée en 2023.

Un million d’euros pour accompagner les futurs agriculteurs

La plus grande partie de cette nouvelle enveloppe, soit un million d’euros, sera consacrée à l’accompagnement des porteurs de projets d’installation.

Concrètement, ces crédits permettront de financer plus de 3 300 journées de conseil au cours de l’année. Assurées par les chambres d’agriculture et les Associations départementales pour le développement de l’emploi agricole et rural (Addear), ces prestations accompagneront les futurs exploitants dans la construction de leur projet, les démarches administratives, les choix économiques ou encore les premiers mois suivant leur installation.

Cet accompagnement vise aussi bien les jeunes agriculteurs que les personnes en reconversion professionnelle souhaitant créer ou reprendre une exploitation.

La Région souligne que cette politique produit déjà des résultats. Plus de 2 000 agriculteurs se sont installés en Occitanie en 2023, faisant de la région la première de France en nombre d’installations.

Aider les exploitants à transmettre leur ferme

L’autre volet de cette aide concerne la transmission des exploitations agricoles, souvent identifiée comme l’un des principaux freins au renouvellement des générations.

Une enveloppe de 300 000 euros financera ainsi près de 1 000 journées de conseil destinées aux agriculteurs qui souhaitent céder leur exploitation mais n’ont pas encore trouvé de repreneur.

Ces accompagnements permettront de réaliser un état des lieux complet de l’exploitation, d’identifier les éventuelles fragilités, d’établir un plan d’actions ou encore de préparer la transmission dans les meilleures conditions.

L’objectif est d’anticiper les cessations d’activité afin d’éviter que des exploitations viables disparaissent faute de repreneur.

Une stratégie régionale sur cinq ans

Cette nouvelle enveloppe s’inscrit dans la stratégie régionale 2023-2027 consacrée au renouvellement des générations en agriculture, qui mobilise plus de 38 millions d’euros. Elle vise à favoriser des exploitations économiquement viables, accompagner la transition agroécologique, préserver les filières agricoles locales et faciliter l’accès au foncier pour les nouveaux installés.

Pour Carole Delga, présidente de la Région Occitanie, l’enjeu dépasse le seul secteur agricole.

« Alors que le nombre d’exploitations agricoles diminue et que la population agricole vieillit, le rôle de la Région est d’accompagner et d’apporter des solutions concrètes pour favoriser l’installation et la transmission des exploitations en Occitanie. (…) Nous accompagnons à la fois les agriculteurs qui peinent à trouver un repreneur et celles et ceux qui souhaitent s’installer mais se heurtent encore à de nombreux obstacles », souligne-t-elle.

À travers ce soutien, la Région entend préserver l’emploi agricole, renforcer la souveraineté alimentaire et maintenir une activité économique essentielle dans les territoires ruraux. Un enjeu d’autant plus important dans un contexte où les exploitations doivent également faire face aux effets du changement climatique, aux tensions économiques et aux évolutions des marchés agricoles.