Face à l’arrivée de près de 40 000 migrants à Ceuta, le gouvernement renforce immédiatement les contrôles à la frontière franco-espagnole. Dans les Pyrénées-Orientales, des CRS supplémentaires, des drones et des effectifs renforcés sont déployés afin de sécuriser les points de passage et de mieux maîtriser les flux transfrontaliers.

L’afflux massif de migrants à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte nord du Maroc, pousse les autorités françaises à renforcer leur dispositif de surveillance aux frontières. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a annoncé ce vendredi 31 juillet l’activation de la Force Frontière d’intervention rapide et le déploiement de moyens supplémentaires sur la frontière entre la France et l’Espagne.

Les Pyrénées-Orientales, principal département concerné par ces mesures, voient ainsi leur dispositif de contrôle considérablement renforcé afin de répondre à une pression migratoire croissante sur la péninsule Ibérique.

Des effectifs et des moyens renforcés sur toute la frontière

L’Espagne est aujourd’hui le pays voisin de la France confronté à la plus forte pression migratoire. Dans ce contexte, l’État entend empêcher toute augmentation des franchissements irréguliers de la frontière franco-espagnole.

Dès ce 31 juillet, une deuxième unité de forces mobiles est déployée dans les Pyrénées-Orientales en complément de celle déjà présente sur le département.

La surveillance est également renforcée grâce à l’utilisation de moyens aériens supplémentaires, notamment des drones, qui permettront d’accroître les capacités d’observation sur l’ensemble du linéaire frontalier.

Au total, les points de passage autorisés sont désormais surveillés par 50 policiers de la Police aux frontières (PAF), auxquels s’ajoutent deux compagnies de CRS, soit 120 fonctionnaires, contre une seule compagnie habituellement.

Les services des douanes restent eux aussi pleinement mobilisés. 180 agents poursuivent leurs missions de contrôle, aussi bien directement sur la frontière qu’à l’intérieur du département afin de détecter d’éventuels déplacements irréguliers ou trafics.

Ces renforts viennent compléter un dispositif permanent déjà en place tout au long de l’année.

Un dispositif déjà renforcé depuis le printemps

Les mesures annoncées ce vendredi ne constituent pas un changement de stratégie mais un renforcement d’un dispositif progressivement adapté ces derniers mois.

Depuis le mois de mai, le poste-frontière de Cerbère fait déjà l’objet de contrôles assurés 24 heures sur 24.

Parallèlement, des patrouilles communes associant les militaires de l’opération Sentinelle, la gendarmerie nationale et les services des douanes sont déployées en Cerdagne afin de renforcer la surveillance de cette partie de la frontière. Ce dispositif doit être reconduit à la rentrée.

Pour les autorités, il s’agit de maintenir une capacité d’intervention élevée tout en adaptant les moyens aux évolutions de la situation migratoire.

Le préfet des Pyrénées-Orientales, Pierre Regnault de la Mothe, rappelle que « les contrôles à la frontière franco-espagnole sont une mission quotidienne des services de l’État ». Selon lui, les renforts annoncés permettront d’augmenter les capacités opérationnelles grâce à des effectifs supplémentaires et à des moyens technologiques adaptés.

L’annonce intervient dans un contexte de forte tension migratoire en Méditerranée occidentale. Ces derniers jours, près de 40 000 migrants ont convergé vers Ceuta, territoire espagnol situé en Afrique du Nord, provoquant une mobilisation exceptionnelle des autorités espagnoles. La France redoute que cette pression ne se répercute progressivement sur sa frontière avec l’Espagne, principal point d’entrée terrestre depuis la péninsule Ibérique.

En renforçant dès maintenant les effectifs, les contrôles routiers et la surveillance aérienne, le gouvernement entend anticiper une éventuelle augmentation des flux vers le territoire français, tout en maintenant la fluidité des passages autorisés pour les voyageurs et les transporteurs. Les Pyrénées-Orientales se retrouvent ainsi plus que jamais au cœur du dispositif français de surveillance de la frontière sud.