L’État a été saisi par l’association L214 après des signalements faisant état de faits de maltraitance animale à l’abattoir de Perpignan. La direction de l’établissement a immédiatement décidé de mettre à pied, à titre conservatoire, les personnels directement mis en cause. Le préfet a par ailleurs ordonné une nouvelle inspection complète du site.
Mise à jour du 27/08 à 18h
La préfecture des Pyrénées-Orientales a décidé de suspendre l’agrément de l’abattoir pour abattage rituel (c’est à dire surtout halal et casher). Elle a aussi prévu une inspection générale de 48 heures lundi et mardi prochains.
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La situation est désormais prise au sérieux par les services de l’État. Ce mercredi 26 août, L214 a déposé plainte au tribunal judiciaire de Perpignan, contre l’abattoir pour actes de cruauté, sévices graves et mauvais traitement sur les animaux. L’association demande également la fermeture du lieu.
Les signalements concernent plus précisément les conditions de prise en charge des animaux par certains membres du personnel. Un employé aurait frappé à coups de poing des porcs pour les faire circuler ou encore des moutons déplacés en les balançant par une patte sans compter la découpe d’animaux vraisemblablement encore vivants.
À la suite de ces signalements, la direction de l’abattoir a décidé sans délai de mettre à pied à titre conservatoire les personnels directement mis en cause. Cette mesure doit permettre, selon les services de l’État, de garantir le bon déroulement des vérifications et de l’enquête.
Une inspection complète ordonnée par le préfet
En parallèle, le préfet des Pyrénées-Orientales a ordonné une nouvelle inspection complète de l’établissement. Elle doit être menée sans délai par les agents de la Direction départementale de la protection des populations (DDPP).
L’objectif sera notamment de déterminer la nature exacte des faits signalés et de vérifier s’ils relèvent uniquement de comportements individuels ou si des mesures correctives plus larges doivent être mises en place au sein de l’établissement.
Les services de l’État rappellent que la DDPP effectue quotidiennement des contrôles à l’abattoir de Perpignan, notamment sur les questions liées à la protection animale et au respect des règles sanitaires.
L’État assure également maintenir une exigence constante concernant les conditions d’abattage et le respect des règles relatives au bien-être animal.
L214, une association habituée aux enquêtes dans les abattoirs
Créée en 2008, L214 est une association de défense des animaux connue notamment pour ses enquêtes filmées dans les élevages et les abattoirs. Elle diffuse régulièrement des images recueillies lors d’investigations menées dans différents établissements afin de dénoncer ce qu’elle considère comme des pratiques incompatibles avec la protection animale.
L’association mène également des actions de sensibilisation et engage, dans certains dossiers, des procédures judiciaires ou administratives. Elle s’est notamment fait connaître ces dernières années par plusieurs enquêtes concernant des abattoirs français.
Dans le cas de Perpignan, les éléments précis à l’origine des signalements de ce mercredi n’ont pas encore été détaillés publiquement par les services de l’État. À ce stade, aucune conclusion définitive ne permet donc d’établir l’ampleur des faits ni leur caractère systémique.
La nouvelle inspection ordonnée par le préfet doit justement permettre d’apporter des réponses sur ces différents points.
L’abattoir de Perpignan, exploité par la SCIC SA Catalane d’Abattage, est un établissement soumis au contrôle des services vétérinaires de l’État. Sa capacité autorisée atteint plusieurs milliers de tonnes de carcasses par an.
Les résultats de la nouvelle inspection seront donc particulièrement attendus, alors que les personnels directement mis en cause ont été écartés à titre conservatoire dans l’attente des vérifications.




