Deux jours après le passage dévastateur d’une tornade à Pomas, la présidente de la Région Occitanie Carole Delga s’est rendue ce mercredi dans le village audois. Au-delà du soutien aux habitants et aux secours, elle a annoncé plusieurs mesures pour accompagner la reconstruction et demandé directement au président de la République la mise en place d’un régime dérogatoire pour l’Occitanie face à la multiplication des événements climatiques extrêmes.

L’état du village de Pomas témoigne encore de la violence de la tornade qui a frappé la commune mardi 24 août. Sur les 496 habitations que compte la commune, 330 ont été impactées. Parmi les 293 maisons déjà évaluées, 191 sont habitables et 102 sont totalement détruites. La mairie, les deux écoles, l’église et plusieurs entreprises ont également subi d’importants dégâts, alors que les opérations de sécurisation et de nettoyage se poursuivent.

Ce mercredi, Carole Delga est venue constater les dégâts et rencontrer les habitants sinistrés ainsi que les équipes mobilisées depuis deux jours. Elle était notamment accompagnée d’Hélène Sandragné, présidente du Département de l’Aude, de Régis Banquet, président de Carcassonne Agglo, d’Éric Menassi, président de l’Association des maires de l’Aude et maire de Trèbes, ainsi que de Pierre Durand, maire de Limoux, et de plusieurs conseillers régionaux.

« Je suis venue aujourd’hui pour témoigner de ma profonde solidarité avec les habitants de Pomas », a déclaré la présidente de Région, saluant également la mobilisation des citoyens, bénévoles, services de secours et autorités.

Des aides pour les entreprises et la reconstruction

Au-delà du constat des dégâts, la visite devait permettre d’aborder la reconstruction du village et l’accompagnement des sinistrés.

Sur le volet économique, la Région prévoit notamment d’aider les entreprises touchées par la catastrophe, en lien avec Carcassonne Agglo. Des aides à la trésorerie ainsi que des avances remboursables doivent être mobilisées pour permettre aux entreprises sinistrées de faire face aux conséquences de la tornade.

La Région souhaite également participer directement à la reconstruction de Pomas. Carole Delga proposera ainsi aux élus régionaux, lors d’un vote prévu en octobre, une aide exceptionnelle issue du Fonds régional de solidarité.

Un soutien financier doit également être apporté à l’association « Aude Solidarité », déjà mobilisée par le passé lors de catastrophes naturelles importantes dans le département.

La gare de Pomas également dans le viseur

Parmi les infrastructures touchées figure également la gare de Pomas, aujourd’hui hors d’état de fonctionner.

Carole Delga a annoncé qu’elle proposerait à la SNCF que cette gare soit transférée à la Région afin que celle-ci puisse prendre en charge sa reconstruction. La présidente de Région a rappelé que la collectivité avait déjà procédé de cette manière à la suite d’autres épisodes climatiques majeurs survenus en Occitanie.

Cette reconstruction pourrait ainsi permettre de préserver un équipement important pour la commune et son territoire.

« La réponse ne peut pas être ordinaire »

Mais l’annonce la plus politique de la journée concerne l’ensemble de l’Occitanie.

Face à la répétition des événements climatiques extrêmes, Carole Delga demande au président de la République que la région bénéficie d’un régime spécifique permettant de répondre plus rapidement à ces situations exceptionnelles.

« Sécheresses, inondations, grêle, feux, et maintenant tornade », a-t-elle énuméré, estimant que l’Occitanie est particulièrement exposée à l’accumulation de catastrophes.

Selon la présidente de Région, l’Occitanie représente aujourd’hui 9 % de la population française mais concentre 36 % des dégâts comptabilisés en France. Elle demande ainsi à l’État de reconnaître le caractère exceptionnel de la situation régionale, avec des normes administratives allégées et des moyens financiers supplémentaires.

« Face à cette situation extraordinaire, la réponse ne peut être ordinaire », a résumé Carole Delga.

À Pomas, cette demande intervient alors que l’urgence reste très concrète : sécuriser les bâtiments fragilisés, protéger les habitations, reloger les personnes sinistrées et permettre progressivement au village de retrouver une vie normale. La reconstruction s’annonce désormais comme un chantier de longue haleine, pour lequel la commune entend pouvoir compter sur la mobilisation de l’ensemble des collectivités et de l’État.