Le Groupe Ours, Pastoralisme et Activités de Montagne (GOPAM) s’est réuni ce 23 avril à Toulouse pour dresser le bilan 2025 et présenter les évolutions prévues pour 2026. Si la population d’ours continue de progresser dans les Pyrénées, l’État annonce aussi de nouvelles mesures pour mieux protéger les troupeaux et soutenir les éleveurs.

Trente ans après la réintroduction de l’ours brun dans les Pyrénées, le sujet reste aussi sensible que stratégique. Réunis ce jeudi 23 avril à la préfecture de la Haute-Garonne, les représentants du Groupe Ours, Pastoralisme et Activités de Montagne (GOPAM) ont fait le point sur la cohabitation entre faune sauvage, pastoralisme et activités de montagne.

Présidée par le préfet de région Pierre-André Durand, aux côtés du préfet de l’Ariège Hervé Brabant, cette réunion a permis de présenter les chiffres de la saison 2025 et les évolutions qui entreront en vigueur en 2026, notamment pour les éleveurs confrontés à la prédation.

Une population d’ours toujours en hausse

Le bilan du réseau ours brun piloté par l’Office français de la biodiversité (OFB) fait état d’un effectif minimal détecté de 108 individus sur l’ensemble du massif pyrénéen en 2025.

La progression reste soutenue, avec une hausse moyenne annuelle de +11 % sur les dix dernières années, pour une aire de répartition estimée à 7 200 km².

Malgré cette dynamique, les spécialistes rappellent que la population demeure fragile, notamment en raison d’une faible diversité génétique. Un travail de thèse est actuellement en cours pour mesurer les effets potentiels de cette situation à long terme.

Des attaques en légère baisse en 2025

Côté pastoralisme, l’année 2025 montre une relative stabilisation. Au total, 291 dossiers ont été classés en « responsabilité ours non écartée », soit une baisse de 10 % sur un an.

Ces attaques ont concerné 527 animaux domestiques ou ruchers impactés, principalement des ovins, pour un montant total d’indemnisation de 425 129 euros, en recul de 7 % par rapport à l’année précédente.

L’Ariège concentre à elle seule 74 % des dossiers, devant la Haute-Garonne avec 22 %, confirmant que ces deux départements restent les plus exposés à la prédation.

Selon l’État, le niveau global des dommages observés en 2025 reste légèrement inférieur aux années précédentes, confirmant une stabilisation depuis 2018.

Près de 5,7 millions d’euros mobilisés

Pour accompagner les éleveurs, l’État rappelle l’ampleur des aides engagées en 2025. Au total, près de 5,7 millions d’euros ont été mobilisés sur l’ensemble du massif pyrénéen, indemnisations comprises.

Dans le détail :

  • 2,9 millions d’euros ont été consacrés à la protection contre la prédation (gardiennage, investissements), financés par le ministère de l’Agriculture et les crédits européens FEADER ;
  • 1,1 million d’euros ont été versés pour les mesures d’accompagnement du pastoralisme ;
  • 800 000 euros ont été délégués aux Régions Occitanie et Nouvelle-Aquitaine dans le cadre du plan Cabane ;
  • 450 000 euros ont été affectés à des crédits d’urgence pour les abris pastoraux et les opérations d’héliportage.

Le « Cercle 0 Ours », grande nouveauté 2026

La principale annonce concerne l’entrée en vigueur du nouveau dispositif « Cercle 0 Ours », instauré par arrêté ministériel le 18 décembre 2025.

Demandé depuis plusieurs années par les professionnels agricoles, ce mécanisme vise à pérenniser l’ancien dispositif expérimental de « foyer de prédation ». Il permettra désormais aux éleveurs situés dans les zones à très fort risque de bénéficier d’une prise en charge intégrale du salaire des bergers pour assurer un gardiennage renforcé.

En 2026, 25 estives de l’Ariège et de la Haute-Garonne sont concernées par cette mesure.

Pour le préfet Pierre-André Durand, cette évolution répond à une nécessité de terrain : certaines estives restent particulièrement exposées malgré la baisse globale des indemnisations.

Un équilibre toujours sensible

Entre préservation de la biodiversité et protection des activités pastorales, la question de l’ours continue d’alimenter les débats dans les Pyrénées.

Si l’État met en avant la baisse des dommages et le renforcement des aides, les éleveurs restent attentifs à l’efficacité concrète de ces dispositifs sur le terrain.

Avec 108 ours désormais recensés, la cohabitation entre l’homme et le plantigrade reste plus que jamais un enjeu de montagne.